L’ignorance

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Je rêve d’un laboratoire avec des gens vêtus de sarraus blancs, travaillant d’arrache-pied pour trouver un remède à l’ignorance.  Une cure miracle qui serait imposée obligatoirement à tous ceux vivant avec les gênes de cette maladie. Ok, je dramatise un peu, mais je ne peux m’empêcher de croire qu’une solution doit absolument être trouvée, les gens ne peuvent pas continuer à marcher dans l’ignorance. Il n’y a rien de sexy à dire des bêtises. Je crois sincèrement que l’ignorance peut être davantage troublant que le racisme. Je ne suis pas une militante extrémiste pro-Black qui veut faire la morale à quiconque qui ose faire un commentaire négatif sur les noirs, non pas du tout. Je me tiens loin de ce genre de discours et je suis la dernière à crier RACISME à chaque instant. Je suis pro-World, je crois en l’égalité, en l’amour, en l’harmonie, au respect. Je crois que plusieurs confondent l’ignorance avec le racisme et je crois également que plusieurs tentent de dire des choses intelligentes, mais ne font que se mettre les pieds dans la bouche et sans le vouloir crachotent des propos ignorants.

Dernièrement, j’étais avec une bonne amie dans un grand magasin à rayon. Perdues dans notre conversation nous nous promenions de rangée en rangée quand une madame tire le bras de ma copine pour nous arrêter et nous dire :

«Excusez-moi, excusez-moi, je tiens absolument à vous dire que… eum… ben j’ai pas l’habitude de voir des gens de votre.. eum des gens comme.. sté la comme vous la (…) (Parenthèse lorsque quelqu’un dit «sté la quelqu’un comme vous la».. ce n’est jamais un bon signe)

(…) ben des noirs la… ben eum.. j’ai pas l’habitude de voir des noirs parler en français donc que j’aimerai vous dire que vous faites bien ça, c’est beau à voir, félicitations.» Contente d’avoir fait sa bonne action de la journée elle continue fièrement son chemin avec un gros sourire aux lèvres.

Complètement abasourdies par ce que la dame venait de nous dire,  nous sommes restées quelques secondes en silence et puis comme si de rien n’était, nous continuions notre conversation. «Vous faites bien ça!» Elle est sérieuse? C’est insultant et vexant.

Je crois sincèrement que la dame a voulu bien faire. Elle voulait nous dire un compliment, mais le problème c’est qu’il était complètement mal à droit et bien malheureusement très ignorant. Peut-être son ignorance était preuve qu’elle vit sous une roche ou qu’elle n’a jamais quitté le pays ou encore qu’elle n’a pas de télévision.  Je sais qu’elle ne pouvait pas deviner que toutes les deux nous étions d’origine Haïtienne, mais quand même ne sait t-elle pas qu’il y a une grande communauté de noire francophone ici à Montréal? N’a-t-elle jamais entendu parler de la loi 101? Parmi la liste des pays et des îles de la francophonie, plusieurs sont peuplés de noirs.  Même si elle n’a pas l’habitude de voir des noirs parler en français ce n’est pas le plus grand des exploits. Se faire féliciter surtout lorsque c’est notre langue maternelle, c’est carrément fréquent.

Je ne suis pas réellement fâchée contre cette dame, mais je trouve triste qu’elle est si ignorante face à quelque chose de si simple.

Jessie Blog

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S’aimer d’abord

OLYMPUS DIGITAL CAMERA |The 30-Day Self-Love Challenge: Reloaded

Étant une célibataire de longue date, je crois qu’il est important d’être bien dans son célibat, bien dans sa peau, bien dans sa vie et de ne pas dépendre de l’amour d’un(e) autre pour être heureux ou heureuse. Je crois avec conviction que si vous n’êtes pas heureux, si vous n’êtes pas bien dans votre peau, l’amour d’un homme ou d’une femme ne va rien changer. Temporairement, peut-être, mais pas à long terme. Je crois qu’il ne faut pas désirer l’amour à n’importe quel prix. Je crois qu’il est important de s’aimer, de s’accepter tel que nous sommes et de se respecter, car personne ne peut nous aimer à notre place. Je répète, personne ne peut nous aimer à notre place. Il n’y a rien de plus dévastateur à mes yeux que de voir quelqu’un qui se transforme complètement une fois qu’une nouvelle personne entre dans sa vie. Lorsqu’une femme doit se soumettre à tous les caprices ridicules de son nouveau copain par peur qu’il la laisse et qu’elle se retrouve encore une fois toute seule. Je m’aime trop, non pas par égocentrisme, mais par respect, pour rester avec un homme qui vient avec une longue liste d’interdictions et de restrictions impossibles. Un homme qui me dit quand je peux utiliser mon téléphone, quand je peux sortir avec mes amies, comment je dois m’habiller, quand je peux utiliser l’ordinateur, un homme qui me range dans un placard et m’utilise seulement qu’en cas de nécessité. Je préfère être seule et ce pour le reste de mes jours qu’être avec quelqu’un qui pour taire ses propres insécurités ou pour éteindre sa jalousie me dirige, me contrôle, injustement ou encore violemment. J’ai entendu une jeune femme dire que cette année elle n’avait aucune raison de célébrer puisqu’elle n’a point d’homme dans sa vie. Je comprends très bien la solitude du célibat, mais en même temps ne sait-elle pas qu’un homme peut la rendre encore plus malheureuse? J’ai beaucoup de peine pour ces célibataires qui croient dur comme fer que la vie à deux est le paradis. J’ai beaucoup de peine pour ces femmes qui se disent : lorsque j’aurai un homme dans ma vie  je me sentirai mieux dans ma peau, je me trouverai plus belle, je serai moins dépressive.  Malgré tous ces «rai» pour plusieurs cela peut être vrai, mais trop souvent  lorsqu’on chasse le naturel il revient au galop. Ces insécurités, ces doutes, ces peurs peuvent revenir même s’il y a une nouvelle personne à vos côtés. Je crois qu’il est primordial de travailler sur sa personne, apprendre à s’aimer, s’accepter, avoir confiance en soi célibataire ou non. Personne ne peut nous aimer à notre place. Ici, je ne vous dis pas de vous contenter dans votre célibat, de vous vanter heureux seul(e) par honte ou pour éviter la pitié quand tel n’est pas le cas. Je vous souhaite de trouver l’amour, je vous souhaite de trouver celui ou celle avec qui vous allez passer vos vieux jours, celui ou celle qui va vous aimer malgré tous les malgrés. Je vous souhaite de sortir de votre célibat, mais pas à n’importe quel prix.

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Mais où est la galanterie?

Mais où est  la galanterie? A-t-elle pris ses jambes à son cou, a-t-elle décidé de filer comme Roadrunner, de jouer à cache cache comme Charlie ou a-t-elle tout simplement disparue comme les dinosaures?

Messieurs j’attends vos réponses avec impatience . Je suis d’une curiosité folle, car j’ai bien besoin de savoir et de comprendre pourquoi de nos jours, je ne peux qu’apercevoir la galanterie dans de vieux films romantiques en noir et blanc.  Est-ce un oubli de votre part ou un manque d’éducation? Suis-je entrain de vous vexer? J’espère que non, sincèrement j’essaie tout simplement de comprendre. Il n’est pas évident de pratiquer quelque chose que l’on n’a jamais eu la chance d’apprendre, si tel est le cas.

Je crois fortement en l’égalité des genres, en la place des femmes dans notre monde. Sans être féministe, je crois en ces mouvements importants qui ont aidé à tailler une place pour les femmes dans notre société. Je ne vois pas la galanterie comme un signe de faiblesse. Mais je ne peux m’empêcher de me demander si ces grands mouvements ont fait en sorte que les hommes ont décidé d’abolir la galanterie.

Appelez-moi vieux jeux, mais je veux encore croire que la galanterie existe et qu’elle est encore possible en 2011. Je veux croire que dans l’époque dans laquelle nous vivons, des hommes peuvent encore  pratiquer ce sport qui ne demande aucun effort.  Je veux croire que des hommes peuvent encore volontairement céder leurs places dans le bus ou dans le métro à des femmes et ce non pas parce qu’elles sont âgée ou parce qu’elles sont enceintes.  Je veux voir des hommes prendre le temps de vraiment retenir des portes pour des femmes. Suis-je entrain de faire des demandes trop exigeantes? Devrais-je oublier ce concept de l’ancien temps, ce concept de ces vieux films romantiques en noir et blanc?

Messieurs j’attends vos réponses avec impatience . Je suis d’une curiosité folle, car j’ai vraiment besoin de comprendre.

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Automne 2011

Cet automne pas question de s’ennuyer. Avec plusieurs activités disponibles pour tout le monde je vous défie de sortir du quotidien et profiter des divers choix qui s’offrent à vous. Alors à vos agendas et vos calendriers et prenez note:

Festival International du Film Black de Montréal (FIFBM)

C’est du 22 septembre au 2 octobre que se déroulera la 7e édition du Festival International du Film Black de Montréal, présenté par la Fondation Fabienne Colas, en collaboration avec Global Montréal.  Avec plus d’une centaine de projections cinématographiques venant de vingt-cinq pays à travers le monde, le festival est un « must» de l’automne 2011. Avec une excellente programmation marquée d’activités amusantes et enrichissantes, de plusieurs documentaires, courts, moyens et longs métrages , il y en a pour tous les goûts. Voici les films sur Haïti et quelques-uns de mes coups de coeur:

Films sur Haïti:

-35 Segonds, -A Hundred Dead People in my Truck, -Fourmis Rouges Voraces, -Haiti Hell to Hope

-Haïti les grands défis, -L’autre Haïti, -Les mains noires*,-Personne ne sait où est Haïti,-Pourquoi pas Haïti*

Coups de coeur*:

-Exposition: Parures de tête: Le cheveu dans tous ses ébats. Une exposition sur le cheveu africain permettant à travers coiffures, masques, statues, parures et couvre-chef de découvrir que l’art de se coiffer est un rituel esthétique à part entière en Afrique. Pour plus d’information: http://bit.ly/qtfLo6

-Après-midi familial: Atelier d’animation et création de cerfs-volants Haïtien avec l’artiste  Anthony Benoît. Pour plus d’information: http://bit.ly/rgXSqo

-I am Slave

-Mama Africa (documentaire sur la vie de Miriam Makeba)

-Silent Army

Pour plus d’information sur le FIFBM: http://www.montrealblackfilm.comFacebook & Twitter.

Les Journées de la culture

Cette année les Journées de la culture fête ses 15ans. Les Journées de la culture est une manifestation panquébécoise qui vise à sensibiliser la population à l’importance et à la nécessité d’un plus grand accès aux arts et à la culture pour tous les citoyens. Du 30 septembre au 2 octobre 2011, les Journées offrent plus de 2 000 activités gratuites à travers le Québec et est l’occasion idéale pour essayer toutes ces choses dont vous avez toujours rêvées et plus encore.  Voici la liste de quelques activités qui seront vous intéresser:

-Ayiti: danse et tradition: Atelier de danse folklorique haïtienne avec Shérane Figaro: http://bit.ly/r4Pd0d

-Atelier de danse et de fabrication de cerf-volant avec la Troupe haïtienne de danse folklorique Manmanvivi : http://bit.ly/pRccLm

-Pour ses 75 ans, Radio-Canada ouvre ses portes au public: http://bit.ly/pcui51

-TD présente une programmation spéciale dans le métro: les Journées de la culture dans le métro! 36 heures d’activités diversifiées, réparties durant les 3 jours dans les échangeurs Berri-UQAM, Snowdon, Jean-Talon et Lionel-Groulx dans le métro de Montréal.  Vendredi au dimanche à 10h, 12h et 17h. Pour plus d’information visitez: http://bit.ly/oXhKDb.

(note: Je voulais vous faire une belle liste, mais comme il y a trop d’activités aussi intéressantes les unes comme les autres je crains que c’est impossible.) Pour toutes les informations sur les Journées de la culture visitez: http://bit.ly/pN1LdQ, Facebook & Twitter.

La face cachée d’Haïti

La Face cachée d’Haïti est de retour cet automne avec ses ateliers gratuits sur l’histoire et la culture haïtienne. Si comme moi vous avez une passion pour Haïti et vous souhaitez découvrir son histoire, sa culture et ses richesses, je vous invite à participer aux ateliers, ils sont un MUST! Le premier atelier début le 24 septembre à 14h au bistro TribuTerre sous le thème de Nou pral nan kanaval ! Les origines du carnaval haïtien. Pour toutes les informations sur la face cachée d’Haïti visitez: http://on.fb.me/oqVNVK.

Cet automne sortez et expérimentez.

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Mr.Vibe

Si vous lisez mon blogue depuis un certain temps déjà, vous savez sans doute que je suis très célibataire en ce moment. Le mois dernier je célébrais mon 5ième anniversaire de célibat et à 26 ans, 4 mois et 2 jours, je peux vous dire en toute franchisse que l’heure est venue pour moi de me trouver un amoureux, un boo boo, un chéri doudou, un Mister man, un chocolate brother…! L’année passée, un peu découragée, j’avais décidé d’élargir mes horizons et d’essayer de nouvelles choses afin de rencontrer quelqu’un. Aussi cliché que cela peut être, j’avais décidé de tenter ma chance avec les rencontres en ligne. J’avais décidé être plus ouverte avec certains hommes qui m’abordaient dans la rue ainsi que de laisser mes idées préconçues et plusieurs de mes critères de côté pour faciliter mes chances de trouver un jeune homme. Cette aventure fut très courte et très peu concluante, mais j’en ai tiré plusieurs bonnes anecdotes que je souhaite partager avec vous.  Je vous invite donc à suivre mes aventures. Dernièrement j’ai écrit un billet sur une soirée Speed Dating dont j’avais participé, mais aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler d’un jeune Africain Français, que j’ai nommé Mr. Vibe.

12 janvier 2010

De l’autre côté du lobby, Mr. Vibe, m’aperçoit du coin de l’œil et me suit du regard. Je sens son regard sur moi, mais je fais comme si de rien n’était, il était 10h02 am et j’étais déjà en retard. Mon patron, un homme un peu bizarre, insistait pour que je lui apporte son courrier tous les matins à 10h00 am tapant. Son courrier était dans la salle de courrier au sous-sol du building de 45 étages et étant au 22ième j’étais souvent prise dans l’embouteillage de la pause-café de 10h00. Alors que je passe à côté de lui, il se lève et essaye de me parler. La tête droite devant moi, je ne prends même pas le temps de m’arrêter ni de le regarder. Avec un air bête du matin, je continue ma course vers le casier postal. Quelques minutes plus tard, les mains pleines de dépliants publicitaires et de lettres, je repasse par le même chemin et aperçois Mr. Vibe debout à côté de la grande fenêtre, un air déterminé au visage. La tête toujours aussi droite et l’air toujours aussi bête je continue ma course vers les ascenseurs, quand tout à coup je l’entends me lancer des «excuses-moi» insistants. Un peu embêtée, je me retourne et je dis:

Jessie : OUI!?!

Mr.Vibe : Excuse-moi de te déranger, mais je t’ai vu tantôt et je veux absolument te parler.

Jessie : Je suis un peu pressée!!

Mr.Vibe : Ça ne va que prendre deux minutes. Je voulais savoir si tu étais au 12-34 le jour de l’An.

Jessie : Non désolé!! (Je commence à marcher)

Mr.Vibe : Attends! Humm-Humm ok! Je me suis trompé alors, mais serais-tu disponible pour aller prendre un café un de ces jours.

Jessie : Tu niaises? Je ne te connais même pas…

Mr.Vibe : Non je suis sérieux, on pourrait parler et apprendre à se connaître. Si tu ne veux pas aller prendre un café tout de suite on pourrait s’échanger nos numéros de téléphone. Qu’en dis-tu?

Jessie : Je ne donne pas mon numéro aux gens, mais tu peux toujours me donner le tien. (Sachant très bien que je n’allais pas l’appeler)

Mr.Vibe : Bien sûre! Je te donne ma carte. Mes coordonnées y sont.

Jessie : Merci.. hummm Mr. Vibe?

Mr.Vibe: Oui c’est ça et toi? Ton nom c’est?

Jessie : Jessie..

Mr.Vibe : Au plaisir.

Jessie : Yeah.. yeah..

Aussitôt qu’il s’en va je m’empresse d’embarquer dans l’ascenseur pour m’y réfugier. Sa carte d’affaire à la main je lis les informations qui y sont imprimées. Mr. Vibe Président et CEO de la compagnie… Montréal, Québec  514-…… www… Après d’avoir donné le courrier à mon patron, je retourne à mon bureau et je le cherche sur Google. Avant de continuer je dois d’abord vous décrire Mr. Vibe: Dans la vingtaine, il est très européen, il ressemble beaucoup à un Haïtien, il est très beau et très grand.  D’un style fresh, jeune et hip on dirait qu’il pourrait se retrouver sur la couverture du magazine Vibe (c’est donc pourquoi je le surnom Mr. Vibe). Habillé uniquement de grandes marques, il semble être un jeune entrepreneur riche et déterminé. Des lunettes très noires au visage, je n’ai pu voir ses yeux, mais je les imaginais bruns. Google me révèle bien des choses sur lui, mais peu convaincue de ses vrais motifs, je range sa carte dans mon portefeuille et je continue ma journée.

Arrivée chez-moi vers 5 pm, je me prépare à m’effondrer sur mon lit quand ma mère m’appelle pour me dire de regarder les nouvelles. Haïti, Haïti ne va pas bien. Plusieurs heures plus tard, les yeux toujours rivés devant mon téléviseur et mon ordinateur, je n’arrive pas à dormir intoxiquées par les images et les nouvelles sur Haïti. Alors que je divague et j’essaie de me changer les idées, je pense à Mr. Vibe et décide de le rajouter sur Facebook. À l’époque j’avais créé une page Facebook pour Haïti et comme le nombre d’abonnés étant rendu important je m’étais crée un compte Facebook portant le nom d’Haïti afin de pouvoir garder une certaine vie privée. Lors du tremblement de terre ma page fut bombardée de gens qui m’envoyaient des messages me demandant de l’aide pour retrouver leurs proches. Occupée avec ce compte Facebook je décidai donc d’ajouter Mr. Vibe sur ce compte bien qu’il n’y avait pas beaucoup d’information sur moi. Quelques minutes à peine après de lui avoir envoyé une demande d’ami il accepte. J’embarque sur le Facebook chat et on commence à discuter pendant plusieurs heures. Il me change les idées et me tient compagnie pendant les longues heures que je n’arrivais pas à dormir.

En quelques jours, je me lie d’amitié avec Mr. Vibe. On discute de longues heures au téléphone et on s’envoie de longs courriels sur Facebook. Tout se passe très vite et un dimanche il m’appelle pour m’inviter au salon de l’auto. Un peu nerveuse je l’attends où on s’était donné rendez-vous, des papillons dans le ventre. Imposant, par son attitude et son langage corporel, Mr. Vibe s’approche vers moi habillé comme une carte de mode masculin, des lunettes très noires au visage, un foulard trendy dans le cou, un chewing gomme à la bouche. Très européen, il me salue avec des vraies becs sur les joues et me dirige vers la billetterie où il insiste pour payer. Dans les différentes salles de montre, Mr. Vibe est comme un enfant dans un Sweet Factory. Il était dans son élément ou encore dans son bol grès, comme diraient les Haïtiens, il me parle de toutes ces voitures de luxes comme si c’était lui qui les avaient assemblées. Connaisseur, il me donne un tour guidé et commenté du salon de l’auto. Fascinée, je l’écoute. Il est beau et à ses côtés je ne «fit» pas tout à fait, mais je m’y plais. Affamé, après le tour, il m’invité à manger. Après une longue marche dans le Montréal souterrain, on se retrouve dans les restaurants du Centre Eaton. Il me parle des raisons de son célibat. Il me parle de toutes ces filles avec qui il était jadis et son besoin d’être avec une femme plus terre à terre. Il me parle de toutes ces filles trop matérialistes et me dit vouloir d’une  femme douce, simple et gentille avec qui il pourrait se lancer dans une belle et longue relation. Il me dit qu’il n’est célibataire que depuis deux mois, ce qui est pour moi un signal d’alarme, car deux mois versus moi qui était célibataire depuis 4 ans à l’époque, signifiait que nous n’étions pas nécessairement sur la même longue d’onde.

Après une longue discussion sur l’amour, l’argent, l’amitié et autre on se dirige vers le métro Bonaventure en passant par la place Ville Marie. Les magasins et les restaurants étaient déjà fermés, il n’y avait que nous deux et un garde sécurité qui faisait sa ronde. On discute musique, de zouk et de Kompas. Je lui demande s’il sait danser et il me dit oui. Je lui demande de me montrer et il me fait quelque pas de danse. Je ris un peu de lui et faussement vexé il me demande de lui montrer mes pas de danse. Je prends mon cellulaire dans ma poche, trouve un zouk dans ma liste de chanson, j’appuie sur play speaker et lui montre mes moves. Avec des faux-rires, il me prend par la taille et comme ça en plein milieu de la place Ville Marie on se met à danser maladroitement du Zouk pendant quelque instant. Au métro, on se sépare avec la promesse de se rappeler bientôt. Arrivée chez, moi je lui envoie un message le remerciant pour la journée, il me répond un à bientôt et je flotte sur un nuage, car malgré tout, c’est plaisant de se retrouver dans une telle situation après toutes ces années de célibat.

Une semaine sans nouvelle plus tard, je décide de lui envoyer un court message sur Facebook : Hey, comment vas-tu? Jessie. Les jours et les semaines passent et je n’ai plus de ses nouvelles. Il est encore en vie, car mes notifications sur Facebook, me narre sa vie. Je sais qu’il a vu mon message, car durant notre rendez-vous, il me vantait les mérites de son téléphone intelligent, me disant qu’il lisait tous ses courriels et ses messages Facebook sur son téléphone. Un mois plus tard, il m’appelle. Il me dit qu’il était hors du pays et qu’il était présentement en pause de 15 minutes de son cours du soir et voulait prendre de mes nouvelles. À peine le temps de lui dire que je vais bien, qu’il devait déjà me quitter. Il me promet qu’il va m’appeler à la fin de son cours et me dit au revoir. Les jours, les mois passent et je ne l’entends pas. Un jour je décide de le supprimer sur Facebook, il n’est visiblement pas intéressé et j’avais raison, car je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles. Déçue.. un peu.. mais je comprends que nous n’étions pas sur la même longueur d’onde. Il me répétait sans cesse qu’il voulait d’une femme simple, non matérialiste, alors que lui l’était. Il vivait une vie de jet set, il parlait sans cesse d’argent et d’avoir.. et moi je suis tout le contraire. Je ne «fitais» pas avec lui et malgré ses beaux yeux (que j’ai finalement vu en lui demandant d’enlever ses lunettes trop noires), je ne peux le pleurer parce qu’il n’était pas le bon.. J’apprécie l’expérience et mais comme diraient les douaniers américains : NEXT!.

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L’amitié homme/femme

Alors que j’écoutais  la chanson Zanmi de Nickenson Prud’Humme, j’ai pensé à  cette notion que plusieurs Haïtiens ont, soit l’idée que l’amitié entre garçons et filles ne peut exister. Garson ak Fi pa ka zanmi disent-ils bien souvent et j’avais envie d’ouvrir le débat afin qu’on puisse en discuter. Tout le monde a sa propre idée  et étant une de ceux qui veut sincèrement croire que c’est possible je me suis penchée sur ce sujet tabou afin de connaître les vraies raisons de ceux qui croient que ce n’est pas possible et de ceux qui croient que ce l’est.

Il y a une expression en créole qui dit Fanm se gaz gason se alimèt, ce qui veut dire que les Femmes sont comme le gaz et que les hommes sont comme des allumettes et cette expression résume un peu comment certains Haïtiens voient les relations entre hommes et femmes. Beaucoup croient que l’amitié ne peut exister véritablement entre un homme et une femme parce que nous sommes des êtres émotionnels, compliqués et qu’une fois mélangés ensembles cela peut créer des flammèches et parfois des explosions.

Moi, personnellement je veux crois que c’est possible, je veux croire qu’un homme et une femme peuvent être des amis, qu’ils peuvent avoir une amitié platonique, sincère et  honnête. Je crois également que c’est très important d’avoir des amis du sexe opposé et ce pour plusieurs raisons. Côté point de vue et perspective, les hommes apportent bien souvent un raisonnement, une idée ou une réflexion différente des femmes. Les femmes plus sensibles vont bien souvent apporter réconfort, compassion ou compréhension ce qui n’est pas toujours le cas avec les hommes.

J’ai fait quelques petites recherches ainsi qu’un petit sondage sur Facebook et sur Twitter pour savoir ce que les gens pensent vraiment afin de découvrir les  raisons principales pourquoi il y a un débat sur ce sujet. La plupart des gens croient que lorsqu’un homme et une femme développent n’importe quelle sorte de relation, il y a généralement des arrière-pensées plus souvent venant de l’homme, mais aussi des fois venant de la femme. Plusieurs disent que cela dépend du contexte dans lequel l’homme et la femme se sont rencontrés. Quelle est l’histoire derrière leur amitié. Est-ce une amitié de longue date. D’autre disent que les deux doivent absolument être sur la même longueur d’onde, qu’ils ne doivent pas être attirés l’un envers l’autre pour qu’une amitié puisse fonctionner.

Cependant ce qui dérange les gens lorsqu’on parle d’amitié entre homme et femme, c’est lorsque des hommes et des femmes entretiennent des amitiés avec des personnes du sexe opposé alors qu’ils sont en couple. Les gens disent qu’ils n’apprécient pas que leurs copains ou leurs copines aient des amis du sexe opposé. Une femme mariée m’a dit très franchement que son mari n’a absolument pas besoin d’avoir une amie et qu’elle est et devrait être sa seule amie. Je crois qu’on vit dans un monde très jaloux où les gens n’arrivent pas à concevoir qu’une amitié homme/femme peut être authentique et platonique. Je crois qu’on vit également dans un monde où nous avons tendance à ‘‘romantiser’’ bien des choses et que l’amitié homme et femme fait partie de ces choses.  Et vous qu’en pensez-vous? Est-ce que l’amitié entre homme et femme peut exister?

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