Le suicide

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Encore d’actualité, le suicide est un problème très grave. J’ai écrit une partie de ce texte en mars 2012, mais j’avais envie de vous le repartager avec quelques petits changements. Une personne proche de moi  a tenté de s’enlever la vie  très récemment et je ne peux m’empêcher de penser à cette douleur intérieure qui peut pousser quelqu’un à commettre un tel acte.

 Il y a quelques années de cela,  j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pour une jeune fille que je ne connaissais pas. Alors que je naviguais sur Facebook, je suis tombée sur un groupe fait en sa mémoire. Elle: Haïtienne, jeune, belle comme tout. Souffrante d’une profonde dépression secrète, elle avait décidé de s’enlever la vie. Elle laissait derrière elle parents, frères, sœurs et amis attristés, atterrés, déchirés par son geste incompréhensible. En lisant les témoignages de sa famille et de ses amis et en regardant les photos et la vidéo publiées dans le groupe, je n’ai su retenir mes larmes. Triste, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi. Ses proches la décrivaient comme étant une belle jeune fille, drôle et souriante qui remplissait leurs vies de bonheur et de joie. Je ne la connaissais pas, mais sa mort m’affectait et me troublait. Irrationnellement, je me sentais coupable. Je regrettais de ne pas l’avoir connue et de n’avoir pu rien faire pour l’aider. Elle était si jolie, si jeune pourquoi vouloir mourir alors que sa vie vient tout juste de commencer.

(Des années plus tard, j’ai appris de quelqu’un qu’elle s’est suicidée à cause d’un garçon. Quel dommage. Quel dommage.)

Les histoires de suicide se suivent et se multiplient. Que faire pour arrêter ce fléau? J’ai dans  ma liste d’amis Facebook un jeune homme qui s’est suicidé il y a 3 ans de cela. Sa page est encore ouverte et régulièrement ses amis et sa famille lui écrivent des petits mots d’amour sur son mur. Nous sommes devenus amis Facebook une semaine avant qu’il passe à l’acte. Quand j’ai appris sa disparition j’étais dévastée. Mais pourquoi Seigneur? Il semblait si bien, si heureux.

Le suicide est un sujet tellement tabou dans la communauté Haïtienne. Nos parents et grands-parents ne connaissaient pas ou très peu ce phénomène en Haïti. Ils comprennent très mal comment des gens qui vivent dans des pays aussi riches, des gens qui ne connaissent pas la "vraie misère" peuvent en arriver là. Alors que ceux qui sont dans la détresse se battent à chaque jour pour vivre ou pour survivre.  Ils ne saisissent pas bien comment un jeune né ici peut souffrir d’une dépression alors qu’il ne manque pratiquement de rien.  Connaissant bien la mentalité Haïtienne parfois trop fermée, je n’arrive pas à m’imaginer comment un jeune haïtien suicidaire pourrait arriver à parler ouvertement à ses parents de ses bobos intérieurs.  Je crois que plusieurs parents Haïtiens (et autres) banalisent les problèmes de leurs enfants. Selon moi il n’y a rien de pire qu’un enfant incapable de communiquer ses peines à ses parents par peur d’être jugé ou de ne pas être pris au sérieux. D’un autre côté,  suicidaires ou pas je remarque que plusieurs jeunes Haïtien(ne)s ne sont pas capables de verbaliser leurs chagrins, frustrations et douleurs. Lorsque confrontés, ils se frustrent ou s’emportent. Ils se renferment encore plus, gardant pour eux ce qui ne va pas bien. Bien souvent en voyant leurs comportements/actions/sautes d’humeur les parents les réprimandes, ce qui  n’aide pas du tout la situation.  Il y a un problème de communication. L’un n’est pas capable de parler de ses maux et l’autre n’est pas capable de percevoir la détresse de l’autre ou encore de tout simplement l’écouter.

Il n’y a rien de plus douleur que de perdre un ami ou un proche et surtout quand l’ami ou le proche s’est suicidé. Le signes ne sont pas toujours évidents, les gens sont souvent excellent à bien camoufler leurs douleurs.

Quelques statistiques :

-Le nombre et le taux de suicide demeurent supérieurs chez les hommes comparativement à ceux des femmes. En 2011, le nombre de décès par suicide était de 852 chez les hommes et de 253 chez les femmes.

-Chez les hommes, pour la période de 2009 à 2011, le taux le plus élevé se retrouvait chez les 35-49 ans et le plus bas chez les adolescents (15-19 ans). Chez les femmes, le taux le plus élevé s’observait chez les 50-64 ans et le plus bas chez les adolescentes et les femmes de 65 ans et plus.

(Source : Institut National De Santé Publique Du Québec Rapport : La mortalité par suicide au Québec : 1981 à 2011 MISE À JOUR 2014 http://bit.ly/R18C9H )

Besoin de parler? Besoin d’aide? Ne tardez pas. N’hésitez pas à contacter :

-Association québécoise de prévention du suicide (AQPS ):

1-866-227-3553
http://www.aqps.info/

-Tel Jeunes:
1-800-263-2266
http://teljeunes.com/informe-toi/suicide

-Suicide Action Montréal :
514-723-4000
http://www.suicideactionmontreal.org/

Tu  es tellement précieux(euse), tellement important(e).

Jessie blog
jessieblog@live.ca
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Le Suicide

Il y a plusieurs mois de cela j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pour une jeune disparue que je ne connaissais pas. Alors que je naviguais sur Facebook, je suis tombée sur un groupe dédié à la mémoire d’une jeune Haïtienne. Souffrante d’une profonde dépression secrète, elle s’était enlevée la vie, laissant derrière elle parents et amis attristés et déchirés par son geste incompréhensible. En lisant les témoignages de sa famille et de ses amis et en regardant les photos et la vidéo publiées dans le groupe, je n’ai su retenir mes larmes. Triste, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi. Ses proches la décrivaient comme une belle jeune fille, drôle et souriante qui remplissait leurs vies de bonheur et de joie. Bien que je ne la connaissais pas sa mort m’affectait et me troublait. Irrationnellement, je me sentais coupable. Je regrettais de ne pas l’avoir connue et de n’avoir pu rien faire pour l’aider. Elle était si jolie. Quelques mois plus tard j’entendis parler d’un jeune Haïtien qui lui aussi avait décidé de mettre fin à ses jours. Nouvellement marié, il était un père de famille, un fils, un frère, un ami. Ses proches, atterrés par  sa mort,  n’avaient jamais cru qu’un jour il allait poser ce geste fatal.

Le suicide est tellement tabou dans la communauté Haïtienne. J’entends souvent les «granmounes» parler et dire qu’ils n’avaient jamais vraiment connu ce phénomène en Haïti. Ils ne comprennent pas pourquoi un jeune peut en arriver là. En comparant leur vie à la nôtre, ils sont convaincus que seuls eux peuvent connaître une vraie souffrance. Que savent-ils de la vraie vie, disent-ils des jeunes Haïtiens, nous avons connu la misère, nous savons c’est quoi travailler dure et  faire des grands sacrifices. Connaissant bien la mentalité Haïtienne par fois trop arriérée, je n’arrive pas à m’imaginer comment un jeune haïtien suicidaire pourrait  essayer d’approcher ses parents avec sa détresse. Je tremble en passant à leur réaction.

Sans vouloir les blâmer, ni les réprimander, je crois que certains parents Haïtiens se doivent d’essayer de comprendre davantage leurs enfants. Ils ne doivent pas banaliser leurs problèmes. Selon moi il n’y a rien de pire qu’un enfant incapable de communiquer ses peines à ses parents par peur d’être jugé. D’un autre côté,  suicidaires ou pas je remarque que plusieurs jeunes Haïtien(ne)s ne sont pas capables de verbaliser leurs chagrins, frustrations et douleurs. Lorsque confrontés, ils se frustrent ou s’emportent. Ils se renferment encore plus, gardant pour eux ce qui les perturbent. Bien souvent en voyant leur comportement ou leurs sautes d’humeur les parents les réprimandes, ce qui renfonce le jeune encore plus. Si j’avais été capable de dire à mes parents : «Mammie, Papi, non je ne fais pas du «malhonete», j’ai juste beaucoup de peine en ce moment à cause de ce qui s’est passé à l’école aujourd’hui. Si vous me laissez bouder pendant un instant ou relaxer en regardant la télé je vous promets que je vais aller lire, faire mes devoirs et ensuite je vais aller au lit», et que si mes parents avaient bien compris le message, j’aurai évité plusieurs conflits. Je n’étais aucunement une enfant rebelle, mais je n’avais jamais été encouragé à partager mes sentiments, comme je n’avais jamais appris à leur dire je t’aime.

Le suicide est un sujet qui me touche particulièrement. Bien que impossible, je souhaiterai pouvoir aider tous ceux qui ont des pensées suicidaires ou qui sont suicidaires. Il n’y a rien de plus douleur que de perdre un ami ou un proche de cette façon. Bien que les signes ne sont pas toujours évident, je vous encourage à être attentifs aux gens qui vous entours.

Besoin d’aide? Ne tardez pas:

Tel Jeunes :

1-800-263-2266

http://teljeunes.com/informe-toi/suicide

Suicide Action Montréal :

514-723-4000

http://www.suicideactionmontreal.org/

Centres de Prévention du Suicide dans la région de Québec et Montréal:

http://www.suicideinfo.ca/csp/go.aspx?tabid=88

Jessie

jessieblog@live.ca