Autrefois

Anecdote

Cet hiver, j’ai assisté à l’avant-première d’un spectacle. Après la représentation il y avait une séance de discussion optionnelle où les spectateurs pouvaient partager leurs commentaires  à propos de la pièce. Dans la salle,  j’avais remarqué un jeune homme qui Facebook, m’avait proposé à plusieurs reprises de devenir son amie. Un jour que je n’avais rien à faire je me souviens d’avoir passé plusieurs minutes sur sa page. Il était vrai que nous avions plusieurs amis en commun, mais je n’avais pas osé l’ajouter dans ma liste de contacts, malgré le fait que je le trouvais quand même de mon goût. Facebook m’appris qu’il est un jeune haïtien, célibataire, passionné par la photographies, les voyages et qu’il a beaucoup d’amis. En chair, je vous avoue que Facebook ne lui avait pas rendu justice. Il est un beau grand jeune homme.  Malgré le fait que la pièce était extraordinaire, je n’ai pas pu m’empêcher de lui jeter quelques coups d’oeil à maintes reprises. Je suis restée plusieurs minutes durant la période de commentaires, même que je hochais vivement la tête lorsque j’étais en accord avec les commentaires, mais il se faisait tard et comme j’habitais loin je devais quitter. Au moment où je décide mentalement de partir, le jeune homme se lève fait des signes d’au revoir à quelqu’uns de ses amis et s’en va. (Parenthèse importante: J’ai une peur bleu et irrationnelle des ascenseurs donc vous allez comprendre que j’ai profité de l’occasion). J’arrive au moment où les portes s’ouvrent et alors nous embarquons ensemble dans le lift. (Autre parenthèse: J’ai étudié en relations publiques et une des règles importantes des RP c’est d’être capable de faire un  »pitch »  accrocheur, vendeur le temps d’un tour d’ascenseur.) Bon,  je ne voulais pas lui vendre mes services, lui proposer d’investir dans une compagnie ou le supplier de me donner un emploi, mais je voulais lui adresser la parole, lui dire un petit quelque chose.. qui sait il serait peut-être tombé sous mon charme fou. Et un jour nous pourrions dire à nos enfants que notre histoire débuta romantiquement dans un ascenseur un peu trop petit qui selon leur mère ne respectaient pas les normes du code du bâtiment. (J’ai vraiment peur des ascenseurs.) J’exagère bien sûr, je vis dans la réalité et je sais très bien que ce genre d’histoire n’arrive pas vraiment, mais cela fait du bien de rêver un peu des fois.  Donc, une fois les portes fermées, je lui dis que je profite de lui, car je n’aime pas me retrouver dans les ascenseurs toute seule. Je croyais peut-être le faire sourire ou débuter une petite conversation sur les phobies, mais il ne bronche à peine, me fait un sourire poli et regarde son téléphone cellulaire. (Aouch!!) Il n’était clairement pas intéressé à faire la conversation avec moi alors je me suis tu et j’ai fait ce que tout bonne femme aurait fait dans une telle situation embarrassante: j’ai fait semblant de chercher quelque chose dans mon sac à main. Lorsque les portes se sont réouvertes, après de très longues secondes, nous nous sommes dirigés vers la sortie. Dehors, je lui souhaite une bonne soirée sincère, il me souhaite la pareille.

Alors que je marchais avec beaucoup de difficulté sur le trottoir complètement glacé et glissant essayant de ne pas tomber et me briser les dents, je le vois embarquer dans son auto, démarrer et partir à toute vitesse. Alors qu’il me restait un bon coin de rue à marcher avant d’arriver au métro je ne pu m’empêcher de penser à mes parents et mes oncles et aussi au bon vieux temps.  Il y a plusieurs années de cela dans les années 50, 60, 70, je suis certaines qu’une jeune femme en ‘détresse’ ne restait pas très longtemps en détresse. Je ne sais pas si vous comprenez ne que je veux dire. Dans les vieux films d’époque on voit souvent la façon dont les femmes étaient abordées. Comment les hommes les traitaient avec respect et galanterie. Vous voyez ce que je veux dire? Un beau jeune soldat ou matelot qui enlève son chapeau pour saluer une jeune femme… À l’époque où les hommes de ma famille étaient encore de très jeunes gens, je suis certaine que s’ils avaient vu une petite demoiselle marcher péniblement sur le trottoir en hiver, ils lui auraient  quand même offert un lift.  Je me souviens très bien quand j’étais enfant un de mes oncles en sortant d’un restaurant avec moi et mes soeurs avait offert à une femme haïtienne de la reconduire chez elle alors qu’il pleuvait très fort. Je me souviens un jour de tempête alors que mon père était venu me chercher à l’école qu’en chemin il s’était arrêté sur la route pour ramasser une vielle dame haïtienne avec ses sacs qui avait beaucoup de difficulté à marcher. Certains d’entre-vous lisez ceci avec les sourcils levés en doutant un peu, mais je vous assure que ces gestes étaient bien intentionnés, sans arrière-pensées. Les haïtiens peuvent être parfois des hommes galants.  De nos jours, on se méfie de tout et de tout le monde. Je vous assure que si le jeune homme m’aurait offert un lift j’aurai sans AUCUN doute dit: «non merci, c’est gentil», mais quand même j’aurai trouvé cela très galant de sa part. Je ne veux pas que vous pensez que je fais des reproches au jeune homme. Je sais très bien qu’il se pouvait qu’il avait une copine, qu’il était pressé ou qu’il me trouvait tout simplement affreuse, je ne lui en veux ABSOLUMENT PAS. Il ne me connaît pas, j’aurai pu être une folle, il n’a pas à venir à mon ‘aide’ ou même me donner un lift. La situation m’a porté à réfléchir sur notre société et à quel point les choses ne sont plus comme avant. Il est de plus en plus difficile d’aborder quelqu’un. Il n’y a plus vraiment de gestes de galanterie. Les hommes ne cèdent plus leurs places aux femmes (je sais qu’il est mal de généraliser, mais vous me comprenez). Nous avons plus confiance en personne. Les femmes parfois se promènent dans les rues avec des barrières infranchissables. Qu’en pensez-vous?

Pour lire mon billet sur la galanterie: Mais où est la galanterie

Jessie Blog

jessieblog@live.ca

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One thought on “Autrefois

  1. Allo Jessie,

    J’ai bien aimé votre anecdote. Je pense qu’elle reflète la réalité de plusieurs jeunes filles et jeunes hommes. J’aimerais bien m’avancer sur les questions que vous avez soulevées dans votre texte. Qui sait, je vais peut-être faire avancer le débat.

    Tout d’abord, j’aimerais bien que l’on regarde la situation à l’envers. Je m’explique! Vous êtes maintenant le garçon qui a fait de multiples demandes d’amis (via Facebook) à une jeune fille qui n’a jamais donné suite. Comment auriez-vous réagis en sa présence?

    Par la suite, vous vous questionnée sur la galanterie. Vous semblez ne pas prendre position mais être nostalgique. J’ai cru comprendre que c’est l’intention qui compte plus que le geste. Du moins, je peux dire sans me tromper que vous y attaché une grande importance. Ce que je pense par rapport à cela, c’est qu’à l’époque de vos parents, les femmes et les hommes dans la culture haïtienne, avaient beaucoup de principes ‘de galanteries’ d’inculqué dès leurs jeunes âges. Ce qui a eu pour effet d’automatiser leur comportement. Ces mêmes automatistes, évidemment selon-moi sont perdus. Je ne pourrais dire si c’est pour le bien ou pour le mal. Par contre, ce que je pourrais dire c’est que chacun ‘connaissait leur rôle’!

    Pour conclure, j’aime bien votre point sur la méfiance. Je pense que vous avez nourri cette méfiance vis-à-vis les gens et c’est ce qui vous pousse à vous méfier d’eux. Essayez d’entamer la conversation avec un étranger que vous avez l’habitude de voir mais que vous avez jamais osez parler. Je vous promets beaucoup de surprise.

    Ps, j’attends avec impatience votre réponse

    Au revoir

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