« Timoun pa mande fèt » par Olivier Day

Chers Lecteurs,

J’ai l’immense plaisir de vous présenter le tout premier blogueur invité de La Petite Haïti, Olivier Day. J’écris ceci avec hâte, car je suis impatiente d’appuyer sur «publier» afin que vous puissiez enfin découvrir ce jeune homme à la plume soignée, mature et réfléchie. Sa très chère amie, Koralie, le décrit ainsi:

Passionné de la vie, blogueur en feu, et photographe pas juste amateur, Olivier est un être curieux qui réussit toujours à nous engager dans ses réflexions sur la vie, la photographie, les gadgets, le cinéma… enfin, tous ce qui suscite chez lui une excitation intellectuelle! Olivier est également un père et un mari exemplaire, chef de l’empire AWESOMENESS qui ouvre ses portes à tous. Il faut par contre être prêt à être contaminé par le virus du positivisme actif et contagieux! Bref, La Petite Haïti va en voir de toutes les couleurs! 

Oli_Headshot

Timoun pa mande fèt »

Depuis que ma fille est née, il y a (wow – déjà!) quatre mois, je ne compte pas le nombre de conseils, recommandations, encouragements et taquineries qui me parviennent de la part de famille, amis collègues et autres sources de support.

Cependant, je me trompe peut-être mais, dans la catégorie des taquineries, il semble que la coutume veut que l’on fasse tout son possible pour que les nouveaux parents soit bel et bien « avertis » des inévitables « dangers » et mille et une « précautions » à prendre quand on considère tout ce qu’un enfant exige de responsabilité.

J’en ai eu de toutes les couleurs – citons : « …ta vie ne sera plus jamais pareille… » « …oublie tes sorties… » « …intimité? Laisse tomber… » « …ta nuit lui appartient… » « …çà coûte cher des couches, hein?… »

C’est tout de même touchant de gentillesse et de positivité, vous trouvez pas?

Touchant? Oui.

Moqueur? Certes.

Ironique? Sans doute.

À moi de leur relancer, sans grande rancoeur aucune et avec cette même pointe d’ironie, une idée directrice avec laquelle m’a laissée un de mes aînés :

« Timoun pa mande fèt » (Traduit librement du créole haïtien : « Un enfant n’a pas demandé d’être conçu »)

L’idée est très simple et oh combien marquante en ce qui me concerne:  du moment où celui-ci est conçu, ton enfant est ta responsabilité – car, en effet, aussi radical et simpliste que cela puisse sembler, il n’a rien demandé.

Un enfant ne sera pas toujours un enfant, mais un parent l’est pour la vie.

Un enfant – du moment de sa conception – à droit à la vie et à l’effort de l’aider à la mener à bien.

Je pense à tous ces enfants que j’ai vu arpenter les rues de Port-de-Prince, vêtus (ou presque) de guenilles et de toiles pas même suffisantes pour nettoyer un pare-choc, et laissés à eux-mêmes face à des circonstances précaires et attristantes.

Je ne suis ni dupe, ni naïf. Je suis pleinement conscient de la difficulté des conditions qui affligent plus d’un citoyen, et ce, de façon quotidienne. Disons que, pour certains – même plusieurs – un enfant n’est pas toujours la plus bienvenue des responsabilités.

Un souvenir lointain qui me revient, alors que je vous rédige ces quelques lignes et que je regarde mon bébé dormir paisiblement, me ramène à cette visite de bénévolat que nous avions fait, mes camarades de classe et moi, à un orphelinat local.  Je me promenais avec un des orphelins dans les petits couloirs et arrière-cours de l’orphelinat – il ne savait pas encore marcher – et c’est lui qui me servait de guide. Pouponnière, réfectoire, jardin…une fois tout l’immeuble exploré, je lui demande simplement: « Kote’w vle ale kounye a? »(Où veux-tu qu’on aille maintenant?) pour savoir où continuer l’aventure d’exploration – et à lui de me répondre :  « Lakay ou » (Chez toi)

Celle-là, je ne m’y attendais pas. Non, vraiment pas.

Il avait à peine un an, vous savez?

Plus d’une quinzaine d’années ont passé depuis cette rencontre. Et j’en garde encore un souvenir tout aussi lourd d’émotions.

Je ne saurai jamais ce qui lui est arrivé.

Ces quelques lignes que je partage avec vous sont simplement un moment de réflexion personnelle qui m’anime en songeant à l’impact d’un « parent » dans la vie d’un enfant. Je regarde mon bébé avec une joie mêlée de peur et d’anxiété. Défis, aventures, obstacles – tout cela lui est réservé.

Le plus saisissant dans tout çà – c’est que mon rôle, aussi simple et significatif soit-il, est de l’accompagner.

Après tout, elle a rien demandé.

Faites un tour sur le blogue d’Olivier, prenez le temps de regarder son magnifique portfolio et suivez-le sur les médias sociaux: Facebook Twitter.

Jessie Blog

jessieblog@live.ca

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