Quand Haïti se pointe

Dernièrement, besoin de fuir ma réalité pour quelque temps, j’ai pris l’avion pour rejoindre une amie. Par chez elle, il fait chaud, et j’avais besoin des effets réparateurs du Soleil, de la beauté régénératrice de l’Océan. J’avais besoin de décrocher et de laisser à Montréal, cette peine que je portais et qui me consumait.

Si vous me suivez depuis un bout de temps vous savez que j’aime voyager. Vous savez également que je ne suis jamais allée en Haïti, mais qu’Haïti me suit partout où je vais. Ou plutôt, que je rencontre Haïti dans tous mes voyages. En Corée du Sud, c’est au parc Olympique de Séoul, que j’ai retrouvé Haïti. Elle m’attendait. En Inde, c’est dans la chaleur et la beauté du peuple Indien que j’ai vu Haïti. Elle me souriait. En Chine, c’est dans la détermination et le travail acharné des chinois que j’ai aperçu Haïti. Elle me saluait. Ce voyage-ci, n’a pas fait exception. J’ai vu Haïti partout.

Je suis partie en quête de guérison et c’est au sein d’une autre communauté Haïtienne que j’ai trouvé réconfort. J’ai mangé de la nourriture haïtienne comme jamais. Je me suis retrouvée timidement, dans une soirée organisée mensuellement pour les gens du quartier, avec tout ce qu’il y a de plus beau de la culture haïtienne. J’ai vu et entendu du bon vieux Rara haïtien. J’ai marché dans une galerie d’art haïtienne. Je suis allée dans un show d’humour haïtien. Cette autre communauté Haïtienne m’a fait un grand bien. Je dis autre parce que j’ai du prendre l’avion pour la retrouver, mais elle n’avait rien d’étranger. Il y a quelque chose de réconfortant à retrouver quelque chose de familier ailleurs. À se sentir bien et chez soi, même quand on n’y est pas. Il y a quelque chose de réparateur à se retrouver dans notre communauté.

Merci Haïti de te pointer quand j’ai besoin de toi. À bientôt!

About last night! Traditional Haitian Rara.

A post shared by Jessssss (@jessieblog) on

Jessie blog
jessiebloglive.ca
Suivez la Petite Haïti sur Facebook:
https://www.facebook.com/lapetitehaiti/

 

À découvrir: Lakou Kajou

12524073_1689185584674156_3970554034993495299_n
©Blue Butterfly Collaborative

 

À Découvrir: Lakou Kajou, un nouveau programme éducatif pour les enfants haïtiens en créole.

C’est à travers les aventures des jumeaux Lili et Tilou, que les enfants haïtiens pourront apprendre et faire de nouvelles découvertes.

Créé et conçu en Haïti par des artistes, éducateurs et professionnels Haïtiens, le programme éducatif, Lakou Kajou, va sans aucun doute plaire à nos touts- petits.

 

 

Extrait: Tilou construit un cerf-volant

Suivez les Sur Facebook: https://www.facebook.com/lakoukajou et YouTube: https://www.youtube.com/channel/UCnzotnofOQlGQDnEP35yI1Q

 

Jessie blog
jessieblog@live.ca

 

 

 

Pawòl +Mo

Chers Lecteurs,

Afin de ramasser des sous pour des nouveaux projets, j’ai débuté une petite boutique en ligne avec quelques articles à vendre créés par moi.

Si vous avez à cœur de me supporter faites un petit tour sur ma page Etsy pour commander des carnets.

Merci de votre support.

Cordialement,
Jessie Blog
jessieblog@live.ca

 

Carnet de note |Pawol +Mo

Montréal:

 

Femmes Noires Recherchées!

De temps en temps, je reçois des commentaires ou des courriels comme ceux-ci*:

Sans titre

(Bonjour Jessie, Je recherche une femme Haïtienne si possible avec des grosses fesses. J’aime beaucoup les femmes noires et je voudrais en trouver une belle et une bonne. merci.)

Private

(Bonjour, Je m’appelle Robert, je suis un Québécois de souche de 53 ans et je cherche une femme noire de 25 à 35 ans. Je suis un bon gars, gentil et affectueux. Merci.)

*Les noms, dates et adresses courriels ont été modifiés  

 

Deux choses:
1-La Petite Haïti n’est pas un site de rencontre;

2- Je trouve cela très dérangeant.

Ce qui me dérange profondément c’est quand une femme (ou un homme) à cause de son arrière-plan; ses origines; sa culture; sa couleur; sa grandeur; sa taille; devient un objet de «convoitise», un objet de fétichisme. Qu’une femme soit haïtienne, africaine, chinoise, italienne, qu’elle a une particularité ou trait quelconque, je déplore qu’elle ne soit pas  vue comme un être humain précieux ou une femme de valeur. Je rage à savoir que certaines personnes voient la femme comme un objet à posséder, un objectif à atteindre, un jouet à manipuler. ( Je sais que ce n’est rien de nouveau et que c’est ainsi depuis que le monde est monde, mais tout de même… c’est dégoûtant.)

(Nuance importante: Ici, je ne parle pas des gens qui sont particulièrement attirés par un groupe de personne ou un type de personne plus qu’un autre. Je ne parle absolument pas des gens qui fréquentent (par choix, par préférence, par amour) quelqu’un d’une autre communauté ou nationalité. Je tiens à souligner cela, car c’est très important et très différent. Il y a une force et beauté incroyable dans un couple mixte, comme il y a une force et une beauté dans un couple non mixte.)

Ici, je parle de gens qui recherchent particulièrement un type de femmes pour des raisons douteuses. Des gens qui parfois sont prêts à voyager dans d’autres pays strictement pour avoir des aventures sexuelles. Des gens qui se pavanent avec des jeunes filles ou des jeunes femmes comme si elles étaient des trophées, des médailles, des prix.

Dernièrement, sur un site de rencontre un homme d’une autre nationalité me laisse savoir qu’il est là pour rencontrer des «Blacks». Dérangée par ses propos, je me suis empressée de le supprimer. Plus tard en relatant les faits à des amies, nous nous sommes longuement interrogées sur la question. C’est correct d’avoir des préférences, nous ne pouvons le blâmer pour cela, mais est-ce que se sont ses propos trop directs qui dérangent ou encore le lieu (site de rencontre) où il les a tenus? En personne oserait-t-il aborder une femme noire et lui dire qu’il veut rencontrer une femme noire? Est-ce que ça passe plus? Qu’en pensez-vous?

Je crois qu’un être humain qui se respecte veut être aimé pour qui il est et non pour ce qu’il a. Autant les hommes que les femmes aspirent à être aimés et acceptés tels qu’ils sont. Aimés et acceptés avec leurs défauts et qualités, avec leurs manquements et leurs atouts.

Jessie blog
jessiebloglive.ca
Suivez la Petite Haïti sur Facebook:

 

Connaissez-vous bien vos parents?

Connaissez-vous bien vos parents? Que savez-vous d’eux? De leur enfance? De leur jeunesse? Que savez-vous de leur vie avant vous? De leurs rêves, de leurs aspirations, de leurs espoirs? De leurs passions? Qu’est-ce qui les font rire aux éclats ou les font fondre en larme? Quels sont leurs dons et talents? Comment se sont-ils rencontrés? Qui étaient leurs premiers amours?

Ma mère vieillit et ça me fait peur. Peur parce que le temps file. Peur parce que des choses changent. Des douleurs ici et là se manifestent, des petits oublis de ci et de ça et des trous de mémoire par ci et par la se multiplient. Ma mère vieillit et ça me fait peur parce que je l’aime, parce que j’ai encore tellement besoin d’elle, parce que j’ai encore tant à apprendre d’elle. Parce que je n’ai pas fini d’apprendre à la connaitre.

Maintenant bien installée dans sa soixantaine ma mère est pour moi un véritable trésor, un trésor que je n’ai pas encore fini de découvrir. Quand j’étais petite je ne savais pas que je devais ou même pouvais apprendre à connaitre mes parents. Je les connaissais bien entendu, mais très peu et très mal. Ils étaient nos figures d’autorité, ceux envers qui nous étions redevables. Ceux qui travaillaient fort pour subvenir à nos besoins. Ceux qui avaient tout quitté derrière pour un meilleur avenir pour eux, mais surtout pour nous. Ceux qui de temps en temps se permettaient des petites folies pour nous faire plaisir.

Volubile d’origine, ma mère a toujours aimé nous raconter ses histoires de jeunesse. De comment elle a rencontré mon père, à la manière dont sa grand-mère maternelle (sa préférée) lui faisait du café. Des coups de fouet abusifs des mères supérieures à la petite école, à son amour pour les jupes fleuries et le livre Jane Eyre.

Ma mère vieillit et bien que ça me fait peur, je suis honorée et heureuse de la voir vieillir. Malgré ses complexes, je la trouve belle et tellement drôle. Elle est tellement plus qu’une mère. Je la trouve forte et courageuse, réfléchie et talentueuse. Malgré nos prises de bec de temps à autre, je ne l’échangerais pas pour tout l’or du monde.

Dernièrement, j’ai décidé de passer la journée avec elle. Je ne feelais pas et j’avais besoin de me changer les idées. Maintenant à la retraite, elle a sa petite routine et j’avais envie de l’accompagner dans ses courses et commissions.

©2016 La petit Haïti -Tous les droits sont réservés

Si vous avez la chance de le faire, faites-le. Prenez le temps de faire quelque chose avec vos parents. Apprenez à mieux les connaître. Vous allez apprendre des choses surprenantes.

Jessie blog
jessieblog@live.ca

Inde, Kitcisakik, Haïti

Dans les derniers mois, j’ai eu l’immense opportunité de participer à deux voyages humanitaires. Le premier en Inde et le deuxième, dans des communautés Autochtones, dans le Grand Nord du Québec. Deux aventures complètement folles qui m’ont profondément marquée et changée. Deux destinations à des kilomètres à la ronde de distance de l’une et de l’autre, de deux cultures complètement différentes, mais avec des gens d’une beauté incroyable. Des peuples avec des histoires, des coutumes, des traditions et des mœurs d’une richesse importante. Les mots me manquent pour vous exprimer tout ce que j’ai vécu.

Il m’est encore difficile de raconter mon voyage en Inde dans son entièreté. D’abord parce qu’il y a pleins de souvenirs qui se bousculent dans ma tête, mais aussi parce qu’il y a des souvenirs que je préfère garder enfermer dans mon cœur à tout jamais. L’Inde pays de couleurs; d’épices; de trafic; de bruit; de richesse extrême et de pauvreté extrême. Pays de contraste, pays de poussières, pays de vaches. Je suis partie de l’Inde bouleversée. J’ai appris bien des choses sur la vie, mais aussi sur moi. De bonnes, mais aussi des moins bonnes choses. Des choses à changer, des choses à améliorer, des choses à développer. L’Inde fut pour moi un voyage où j’ai vécu plusieurs choses pour la première fois. Des choses qui resteront gravées dans ma mémoire à tout jamais. De passer du temps avec des orphelins, dont je me suis tellement attachée, à participer à la distribution de nourriture dans une communauté de personnes atteint de la lèpre.

12187811_902554333113705_8783271579146229396_n
Inde 2015

Le Grand Nord fut tout aussi bouleversant. En Inde, j’étais dans un autre pays. Je m’attendais à voir des choses difficiles. Je m’attendais à voir des scènes de pauvreté, des scènes similaires à celles du film Slumdog Millionaire. Je m’y étais même préparée, mais, rien ne m’avais préparée pour le Nord. On entend des trucs dans les médias à propos des communautés Autochtones, mais on n’a aucune idée. Je n’avais aucune idée. Nous avons eu la chance de rencontrer des bons vivants, des gens accueillants, des gens avec un bon sens de l’humour. Nous avons eu l’opportunité de participer à une présentation sur l’histoire des Autochtones et des pensionnats Autochtones du Québec. Une expérience enrichissante, mais aussi très troublante. Les Autochtones ont vraiment beaucoup trop souffert et ils continuent encore de beaucoup trop souffrir. Je suis plus que jamais convaincue que quelque chose doit être fait pour ce peuple et pour ces femmes qui ont disparus.

12208270_908454359190369_8332163803378118046_n
Kitcisakik, Québec

Maintenant de retour à ma routine quotidienne, des souvenirs me hantent. Le souvenirs des pleurs des orphelins au moment de notre départ de la petite orphelinat en Inde et ma conversation avec une petite Algonquine de 5e année qui entre ses préférences musicales et la liste de ses joueurs de hockey préférés, me parle du suicide de sa tante, me hantent. Ces endroits, ces gens et ces enfants m’ont fait penser à Haïti. Bien que je ne suis jamais allée, je n’ai pas pu m’empêcher de voir des ressembles. En Inde, je me sentais comme chez nous, parmi ces gens aux multiples couleurs de peaux qui me rappelaient la beauté et la diversité des peaux Haïtienne. En Inde, j’ai mangé des tonnes de riz comme on en mange chez nous. Dans le Nord, c’est l’incroyable bonne humeur et le sens de l’humour des Autochtones, que nous avons rencontré, que j’ai aimé. Un sens de l’humour, mais surtout des rires francs qui me rappelaient le rire des Haïtiens.

Jessie Blog
jessieblog@live.ca

Suivez La Petite Haïti sur: Facebook

Les chiclets de mon père

IMG_0050

J’ai dans la tête plusieurs petits morceaux de casse-tête imprimés de souvenirs de mon père. Un casse-tête qui jadis était complet, mais qui depuis son départ à perdu d’importantes pièces. Je me souviens de lui et de sa personnalité. Je me souviens de son grand rire qui s’étendait et s’entendait d’un étage à l’autre, d’une pièce à l’autre. De lui avec ses cigarettes et de lui sans ses cigarettes.

«Les filles, j’ai une annonce à faire, nous a-t-il dit alors que mes sœurs, ma mère et moi étions occupées dans la cuisine une samedi matin. 

Yesssss. On va à New York à dit l’une d’entre nous. 

Non. J’ai. J’ai…. arrêté de fumer. Ça fait quelque temps que j’ai arrêté, je ne voulais rien dire avant d’être certain.»

(Insérez moment de joie, de fierté et de bonheur familial ici) 

Je me souviens de ses milles et un projets de rénovation interminable. Je me souviens de ses spécialités: oeufs avec bananes plantains et saucisses; mais moulu avec zaboca; diri blan avec legum.  Je me souviens des bruits qu’il faisait quand il savourait un plat avec appétit, et de sa façon d’écarter les pois verts qui s’étaient malencontreusement retrouvés dans son assiette, il détestait les pois verts.

Je me souviens de ses odeurs. Mon père était machiniste pour l’un des plus importants fabricants canadien de moteurs d’avions et lorsqu’il rentrait à la maison du boulot, il avait une odeur très particulière. J’ai grandi avec cette odeur. Une odeur, de machine, d’huile, de fer… Mais quand il sortait, il sentait le monsieur, le propre, le rasé, le parfumé. Il sentait les chiclets.

Je me souviens de ses chiclets. L’intérieur de la voiture de mon père sentait le cuir et  les chiclets. Mon père avait toujours dans ses poches ou dans l’un des compartiments de sa voiture un paquet de gommes chiclets. Les paquets classiques, jaunes, ceux qui goûtent la menthe. La gomme chiclets était sa gomme de choix, la seule qu’il mâchouillait, la seule qu’il aimait. Il n’aimait pas les bonbons ni le sucre, mais il ne pouvait se passer de ses gommes chiclets.

«Tu veux une chiclet, m’offrait-il avant de démarrer.» Trop jeune pour aller à l’école avec mes grandes sœurs, je passais souvent des avant-midis  avec lui (avant son shift de soir) à faire des courses et des commissions.

L’autre jour chez Oscar, je suis tombée sur des chiclets, parce que ça fait longtemps, et parce qu’il me manque, je me suis achetée un paquet que j’ai mangé en sa mémoire.

Jessie Blog
jessieblog@live.ca

Suivez La Petite Haïti sur: Facebook