Prenez soin de vous!

Bien que très tabou dans notre culture, si vous (ou encore un ami ou membre de votre famille) avez besoin de parler à quelqu’un, je vous encourage fortement à faire des démarches auprès d’un CLSC, d’un centre communautaire ou même dans certains cas auprès d’une église* de votre quartier ou secteur pour rencontrer un(e) professionnel(le) qualifié(e) qui sera en mesure de vous écouter et vous aider. Cherchez à rencontrer des travailleurs sociaux, thérapeutes, psychothérapeutes, psychologues ou des pasteurs* ou leaders* avec des compétences en relation d’aide ou en counselling pastoral.

Je crois qu’il faut briser ce tabou ou mettre un terme à cette mentalité de craindre ou fuir ce genre de recours. Je suis d’avis que nous devons faire attention à qui nous nous confions, mais que si pour une raison ou une autre ça ne va vraiment pas, il est important d’entreprendre des démarches afin de rencontrer quelqu’un de qualifié qui va pouvoir nous aider. Si nous sommes encouragés à consulter des médecins pour nos maux et douleurs physiques pourquoi ne pas faire ainsi pour nos maux et douleurs émotionnels, psychologiques et autres.

Que se soit pour parler de problèmes familiaux, d’anxiété, de dépression ou de sexualité, ces professionnel(le)s peuvent nous aider. Nous devons tous composer avec des situations difficiles. Plusieurs d’entre nous luttons avec des idées noires, des situations familiales difficiles ou encore avec des graves problèmes financiers. Plusieurs d’entre nous allons devoir aider et supporter nos parents ou grands-parents jusqu’à leurs morts ou supporter financièrement des membres de la famille ici ou ailleurs.

Certains facteurs ou imprévus peuvent aussi avoir de graves conséquences sur nous. Des deuils, des maladies, des ruptures etc. Il est possible également que cette nouvelle vague de migrants haïtiens cause des tensions ou situations difficiles dans certains foyers. Les migrants sont des gens vulnérables qui ont vécus plusieurs situations difficiles, ils arrivent avec leurs lots de traumatismes et les familles haïtiennes du Québec qui vont les recevoir doivent également se préparer mentalement aux problèmes que cela peut occasionnés.

Personne n’est à l’abri de troubles psychologiques. Si vous ou un proche avez besoin d’aide, SVP, n’attendez pas.

Voici de l’information que j’ai trouvée sur le site du CLSC de mon secteur, je vous encourage à visiter le site de votre CLSC :

Vous vivez une séparation, un deuil ou des tensions avec vos enfants? Vous êtes dépressif, anxieux ou angoissé? Vous êtes victime de violence physique ou autre?

N’hésitez pas à vous tourner vers le CLSC, qui offre des services psychosociaux avec ou sans rendez-vous pour toutes ces situations.

Comment ça se passe?

Le CLSC de votre centre de santé et services sociaux constitue la principale porte d’entrée vers l’ensemble des services psychosociaux. Nos professionnels peuvent vous aider à faire le point et à trouver des solutions concernant des problèmes conjugaux, familiaux ou relationnels, des situations de crise personnelle, des difficultés reliées à l’entourage de même que les difficultés d’adaptation et d’intégration sociale.

*Il est important de noter que plusieurs églises n’offrent pas ce genre de service. Si vous préférer consulter des pasteurs ou leaders (par convictions religieuses), assurez-vous qu’ils sont compétents et qualifiés en relations d’aide ou counselling. Il est important que les personnes qui vous aident puissent le faire avec professionnalisme et compétences.

À lire: Quel est la différence entre le psychothérapeute, le psychologue, le  psychiatre?

Prenez soin de vous.

Jessie Blog
jessieblog@live.ca

 

 

Publicités

La Dépression

J’ai dans la tête des histoires à glacer le sang de gens qui ont eu une dépression. Des gens que je connais bien, des gens que je connais moins bien et des gens qui ont disparu. Des gens comme vous, des gens comme moi. Bien que presqu’invisible à l’œil nu, la dépression, fait son œuvre silencieusement causant ainsi de graves dommages. Elle change des vies. Elle avorte des plans, des rêves, des carrières. Elle paralyse. Elle blesse.  Et des fois, elle tue.

Aujourd’hui, sur ma page Facebook, je me suis exprimée sur l’agissement d’une personne qui selon moi abuse du système de par ses agissements afin d’obtenir certaines faveurs. Malgré le fait que mon commentaire venait d’une grande frustration face à une situation qui dure depuis plusieurs mois, je n’avais pas à le faire. N’étant pas dans sa peau, je ne peux affirmer à 100% que cette personne n’est pas bel et bien en dépression. La dépression est un vrai problème. Je pense à tous ceux et celles qui vivent avec des blessures, des cicatrices ou des séquelles de la dépression et à tous ceux et celles qui ont perdu la bataille à leurs émotions, leurs sentiments et leurs états d’âme. Je pense à tous ceux et celles à qui la dépression a volé estime de soi, joie, paix, envie de vivre et plus encore.

La dépression est sujet tabou dans notre communauté. Plusieurs d’entre nous souffrent en silence. Plusieurs d’entre nous pensent que la dépression s’attaque à d’autres personnes, mais pas à nous. Plusieurs d’entre nous vivent avec des fardeaux invisibles d’une lourdeur insupportable et ne savent pas quoi faire pour s’en sortir.

Si vous lisez ceci et que ça ne va pas du tout, je vous prie d’aller chercher de l’aide. Personne n’est à l’abri d’une dépression. Personne. Pas vous, pas moi. Personne. La dépression fait chuter les grands comme les petits, les riches, comme les pauvres. Vous n’êtes pas seul.

Pour comprendre la dépression, les causes, les symptômes, les traitements visitez :http://ladepressionfaitmal.ca/.

Pour obtenir de l’aide rapidement
Lignes d’écoute et groupes de soutien : http://revivre.org/

Association québécoise de soutien aux personnes souffrant de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires : 1 866 738-4873

Les Déprimés Anonymes : 514 278-2130

http://deprimesanonymes.org/

Suicide Action Montréal : 514 723-4000
http://suicideactionmontreal.org/

Info-Santé : 811

Jessie blog
jessieblog@live.ca

Le suicide

999343_546975875338221_248366214_n 

Encore d’actualité, le suicide est un problème très grave. J’ai écrit une partie de ce texte en mars 2012, mais j’avais envie de vous le repartager avec quelques petits changements. Une personne proche de moi  a tenté de s’enlever la vie  très récemment et je ne peux m’empêcher de penser à cette douleur intérieure qui peut pousser quelqu’un à commettre un tel acte.

 Il y a quelques années de cela,  j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pour une jeune fille que je ne connaissais pas. Alors que je naviguais sur Facebook, je suis tombée sur un groupe fait en sa mémoire. Elle: Haïtienne, jeune, belle comme tout. Souffrante d’une profonde dépression secrète, elle avait décidé de s’enlever la vie. Elle laissait derrière elle parents, frères, sœurs et amis attristés, atterrés, déchirés par son geste incompréhensible. En lisant les témoignages de sa famille et de ses amis et en regardant les photos et la vidéo publiées dans le groupe, je n’ai su retenir mes larmes. Triste, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi. Ses proches la décrivaient comme étant une belle jeune fille, drôle et souriante qui remplissait leurs vies de bonheur et de joie. Je ne la connaissais pas, mais sa mort m’affectait et me troublait. Irrationnellement, je me sentais coupable. Je regrettais de ne pas l’avoir connue et de n’avoir pu rien faire pour l’aider. Elle était si jolie, si jeune pourquoi vouloir mourir alors que sa vie vient tout juste de commencer.

(Des années plus tard, j’ai appris de quelqu’un qu’elle s’est suicidée à cause d’un garçon. Quel dommage. Quel dommage.)

Les histoires de suicide se suivent et se multiplient. Que faire pour arrêter ce fléau? J’ai dans  ma liste d’amis Facebook un jeune homme qui s’est suicidé il y a 3 ans de cela. Sa page est encore ouverte et régulièrement ses amis et sa famille lui écrivent des petits mots d’amour sur son mur. Nous sommes devenus amis Facebook une semaine avant qu’il passe à l’acte. Quand j’ai appris sa disparition j’étais dévastée. Mais pourquoi Seigneur? Il semblait si bien, si heureux.

Le suicide est un sujet tellement tabou dans la communauté Haïtienne. Nos parents et grands-parents ne connaissaient pas ou très peu ce phénomène en Haïti. Ils comprennent très mal comment des gens qui vivent dans des pays aussi riches, des gens qui ne connaissent pas la « vraie misère » peuvent en arriver là. Alors que ceux qui sont dans la détresse se battent à chaque jour pour vivre ou pour survivre.  Ils ne saisissent pas bien comment un jeune né ici peut souffrir d’une dépression alors qu’il ne manque pratiquement de rien.  Connaissant bien la mentalité Haïtienne parfois trop fermée, je n’arrive pas à m’imaginer comment un jeune haïtien suicidaire pourrait arriver à parler ouvertement à ses parents de ses bobos intérieurs.  Je crois que plusieurs parents Haïtiens (et autres) banalisent les problèmes de leurs enfants. Selon moi il n’y a rien de pire qu’un enfant incapable de communiquer ses peines à ses parents par peur d’être jugé ou de ne pas être pris au sérieux. D’un autre côté,  suicidaires ou pas je remarque que plusieurs jeunes Haïtien(ne)s ne sont pas capables de verbaliser leurs chagrins, frustrations et douleurs. Lorsque confrontés, ils se frustrent ou s’emportent. Ils se renferment encore plus, gardant pour eux ce qui ne va pas bien. Bien souvent en voyant leurs comportements/actions/sautes d’humeur les parents les réprimandes, ce qui  n’aide pas du tout la situation.  Il y a un problème de communication. L’un n’est pas capable de parler de ses maux et l’autre n’est pas capable de percevoir la détresse de l’autre ou encore de tout simplement l’écouter.

Il n’y a rien de plus douleur que de perdre un ami ou un proche et surtout quand l’ami ou le proche s’est suicidé. Le signes ne sont pas toujours évidents, les gens sont souvent excellent à bien camoufler leurs douleurs.

Quelques statistiques :

-Le nombre et le taux de suicide demeurent supérieurs chez les hommes comparativement à ceux des femmes. En 2011, le nombre de décès par suicide était de 852 chez les hommes et de 253 chez les femmes.

-Chez les hommes, pour la période de 2009 à 2011, le taux le plus élevé se retrouvait chez les 35-49 ans et le plus bas chez les adolescents (15-19 ans). Chez les femmes, le taux le plus élevé s’observait chez les 50-64 ans et le plus bas chez les adolescentes et les femmes de 65 ans et plus.

(Source : Institut National De Santé Publique Du Québec Rapport : La mortalité par suicide au Québec : 1981 à 2011 MISE À JOUR 2014 http://bit.ly/R18C9H )

Besoin de parler? Besoin d’aide? Ne tardez pas. N’hésitez pas à contacter :

-Association québécoise de prévention du suicide (AQPS ):

1-866-227-3553
http://www.aqps.info/

-Tel Jeunes:
1-800-263-2266
http://teljeunes.com/informe-toi/suicide

-Suicide Action Montréal :
514-723-4000
http://www.suicideactionmontreal.org/

Tu  es tellement précieux(euse), tellement important(e).

Jessie blog
jessieblog@live.ca
Suivez la Petite Haïti sur Facebook

Voeux de Chasteté

Pour plusieurs, le début d’une année rime avec nouvelles résolutions. De perdre 45 livres à moins dépenser, la nouvelle année est sans aucun doute le moment idéal pour se rebâtir ou encore se redéfinir. Dernièrement, Slak Zee, une vlogueuse Haïtienne que je suis sur les médias sociaux et que j’aime bien, a partagé sur son blogue que cette année elle décidait de s’offrir un cadeau. Un cadeau qui se veut bénéfique autant pour son corps, mais également pour son esprit. Un cadeau sous forme de trois engagements qu’elle devra respecter sévèrement.

Engagements :

1-Être physiquement plus active;
2-Consommer de façon organique;
3-Rester chaste.

Impressionnée par sa franchise sur un sujet aussi tabou et personnel (spécialement dans la communauté Haïtienne) et curieuse de savoir ce qui l’a poussé à prendre une si belle décision et d’en parler si publiquement, j’ai tout de suite voulu l’interroger sur ce sujet et partager ses réponses avec vous. Ouverte et généreuse elle a accepté de se prêter au jeu et a répondu avec beaucoup d’honnêteté à chacune de mes questions.

La vidéo en question :

 
Entrevue :

Tu as récemment pris quelques engagements ou résolutions pour l’année 2013, dont entre autres tu as fait vœux de chasteté! Qu’est-ce qui t’a poussé à prendre cette grande décision? Est-ce une sorte de purification?

Je ne suis plus en couple depuis presque 3 ans maintenant. Après cette relation, disons que je vivais sur le « party». Je me suis bien amusée et je ne regrette pas mes actions, mais depuis 1 an je me suis lassée des plaisirs éphémères que ce style de vie me procurait. Donc je me suis dit que c’était peut-être parce que le moment était venu pour moi de me ranger… d’avoir un style de vie plus stable… Pendant 1 an j’étais en recherche semi-active de mon partenaire de vie, mais mes habitudes frivoles n’avaient pas changées. Je ne comprenais pas pourquoi ça ne marchait pas mon affaire… je n’aimais vraiment pas cet état de confusion.

Quand je l’ai réalisé, je savais que je devais faire un changement drastique dans ma vie. Il fallait que je sorte de ma zone de confort. Je ne veux pas le décrire comme une sorte de purification…. C’est principalement pour effectuer un changement dans mes habitudes.

Quelle importance avait les relations sexuelles dans ta vie?

Je ne pense pas que c’était si important. J’ai toujours été à l’aise avec ma sexualité, mais j’ai aussi su être prudente. Contrairement à ce que mes parents ont voulu m’inculquer, c’était ma compréhension qu’avoir une vie sexuelle était normale sans tomber dans l’abus.

Est-ce qu’il y a des raisons religieuses derrière ce choix?

Non

Pourquoi as-tu décidé de partager cette résolution aussi personnelle avec ton public?

En faite c’est 2 idées fusionnées et du bon timing. J’aime faire des vlogs, mais je trouvais que je n’en faisais pas assez régulièrement. Et ce n’est pas toujours évident de trouver du contenu intéressant. Pendant ma période où j’ai réalisé que je devais faire des changements. Je savais que je devais sortir de ma zone de confort. Et quoi de mieux que de rendre « sujet hyper perso publique » pour sortir de sa zone de confort.

Qu’est-ce que cela veut dire pour toi d’être chaste et qu’est-ce que cela implique? Est-ce un engagement à court terme ou à long terme?

Quand j’ai pris ma décision, je ne me suis pas vraiment renseignée sur le sujet. Je savais que ça impliquait de cesser d’avoir des relations sexuelles. Mais je réalise maintenant que c’est plus. Être chaste c’est renoncer à toutes pulsions sexuelles. C’est tout un défi, mais j’aime le focus que cette décision a commencé à m’apporter.
Dans le meilleur des mondes, cette décision serait à long terme, mais je veux rester chaste pour au moins 1 an.

Étant célibataire crois-tu que cela va être plus facile pour toi de respecter cet engagement? 

C’est sûr que c’est plus facile!

Cherches-tu toujours l’amour ou préfères-tu attendre? Si oui et si tu rencontres quelqu’un dans les prochaines semaines ou les prochains mois penses-tu que cela risque d’avoir des répercussions négatives sur cette nouvelle relation?

Je cherche toujours l’amour. Si je rencontre quelqu’un et que ma chasteté devient un problème au sein du couple (surtout si cela arrive au début de la relation), ça serait un signe évident que cette personne n’est pas la bonne personne pour moi. J’espère ne pas succomber, mais je me dis que l’erreur est humaine.

Dans cette société hypersexualisée dans laquelle nous vivons, crois-tu que c’est une décision que chacun devrait faire à un moment dans sa vie?

Tout le monde est différent et je ne peux pas affirmer que la chasteté est bénéfique pour tout le monde. Ça dépend des valeurs de chacun.

Étant une jeune femme Haïtienne et sachant à quel point la sexualité est un sujet extrêmement tabou, que penses-tu du manque d’éducation sexuelle dans les foyers Haïtiens? Quelle a été ton expérience? Est-ce que tes parents étaient ouverts avec toi?

Je trouve que le manque d’éducation sexuelle dans les foyers haïtiens extrêmement dommage, car tellement d’erreurs pourraient être évitées de la part de nos jeunes causés par un simple manque d’information. Mon expérience…. lol…. disons que l’éducation sexuelle donnée par mes parents a été basée sur la crainte que je tombe enceinte ou que j’attrape une ITS. Mes parents m’éloignaient des garçons autant que possible et quand l’un d’eux avait le malheur d’appeler chez moi, j’avais le droit à un sermon sur les dangers du sexe et la honte de tombée enceinte avant le mariage.

Que dirais-tu à des jeunes Haïtiens et Haïtienne de 16-18 qui aimeraient commencer à être actifs? Penses-tu qu’il est bénéfique d’attendre ou crois-tu qu’il est bien d’expérimenter à un jeune âge?

Soyez intelligents dans votre curiosité. Renseignez-vous auprès de source crédible (livres, travailleurs sociaux, CLSC, sites web gouvernementaux, programmes jeunesses) avant de faire quoi que ce soit. Aujourd’hui il y a tellement de ressources disponibles que je pense que l’ignorance n’est plus une excuse.

Que souhaites-tu retirer de cette expérience?

J’espère en sortir plus sage et plus forte en caractère.

Slak Zee

419793_10150534535484632_115984118_n

Se décrivant comme étant une jeune femme ouverte d’esprit, facile à vivre qui n’a pas peur du ridicule, Slak Zee est passionnée par les médias sociaux et les technologies. Gardez son nom en tête,  car déterminée et persévérante je suis convaincue qu’elle ira loin, très loin.

Suivez Slak Zee sur Facebook , sur Twitter ou encore sur son blogue.

Jessie Blog

jessieblog@live.ca

Suivez La Petite Haïti sur: Facebook

L’amitié homme/femme

Alors que j’écoutais  la chanson Zanmi de Nickenson Prud’Humme, j’ai pensé à  cette notion que plusieurs Haïtiens ont, soit l’idée que l’amitié entre garçons et filles ne peut exister. Garson ak Fi pa ka zanmi disent-ils bien souvent et j’avais envie d’ouvrir le débat afin qu’on puisse en discuter. Tout le monde a sa propre idée  et étant une de ceux qui veut sincèrement croire que c’est possible je me suis penchée sur ce sujet tabou afin de connaître les vraies raisons de ceux qui croient que ce n’est pas possible et de ceux qui croient que ce l’est.

Il y a une expression en créole qui dit Fanm se gaz gason se alimèt, ce qui veut dire que les Femmes sont comme le gaz et que les hommes sont comme des allumettes et cette expression résume un peu comment certains Haïtiens voient les relations entre hommes et femmes. Beaucoup croient que l’amitié ne peut exister véritablement entre un homme et une femme parce que nous sommes des êtres émotionnels, compliqués et qu’une fois mélangés ensembles cela peut créer des flammèches et parfois des explosions.

Moi, personnellement je veux crois que c’est possible, je veux croire qu’un homme et une femme peuvent être des amis, qu’ils peuvent avoir une amitié platonique, sincère et  honnête. Je crois également que c’est très important d’avoir des amis du sexe opposé et ce pour plusieurs raisons. Côté point de vue et perspective, les hommes apportent bien souvent un raisonnement, une idée ou une réflexion différente des femmes. Les femmes plus sensibles vont bien souvent apporter réconfort, compassion ou compréhension ce qui n’est pas toujours le cas avec les hommes.

J’ai fait quelques petites recherches ainsi qu’un petit sondage sur Facebook et sur Twitter pour savoir ce que les gens pensent vraiment afin de découvrir les  raisons principales pourquoi il y a un débat sur ce sujet. La plupart des gens croient que lorsqu’un homme et une femme développent n’importe quelle sorte de relation, il y a généralement des arrière-pensées plus souvent venant de l’homme, mais aussi des fois venant de la femme. Plusieurs disent que cela dépend du contexte dans lequel l’homme et la femme se sont rencontrés. Quelle est l’histoire derrière leur amitié. Est-ce une amitié de longue date. D’autre disent que les deux doivent absolument être sur la même longueur d’onde, qu’ils ne doivent pas être attirés l’un envers l’autre pour qu’une amitié puisse fonctionner.

Cependant ce qui dérange les gens lorsqu’on parle d’amitié entre homme et femme, c’est lorsque des hommes et des femmes entretiennent des amitiés avec des personnes du sexe opposé alors qu’ils sont en couple. Les gens disent qu’ils n’apprécient pas que leurs copains ou leurs copines aient des amis du sexe opposé. Une femme mariée m’a dit très franchement que son mari n’a absolument pas besoin d’avoir une amie et qu’elle est et devrait être sa seule amie. Je crois qu’on vit dans un monde très jaloux où les gens n’arrivent pas à concevoir qu’une amitié homme/femme peut être authentique et platonique. Je crois qu’on vit également dans un monde où nous avons tendance à ‘‘romantiser’’ bien des choses et que l’amitié homme et femme fait partie de ces choses.  Et vous qu’en pensez-vous? Est-ce que l’amitié entre homme et femme peut exister?

Jessie blog

jessieblog@live.ca

Le Suicide

Il y a plusieurs mois de cela j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pour une jeune disparue que je ne connaissais pas. Alors que je naviguais sur Facebook, je suis tombée sur un groupe dédié à la mémoire d’une jeune Haïtienne. Souffrante d’une profonde dépression secrète, elle s’était enlevée la vie, laissant derrière elle parents et amis attristés et déchirés par son geste incompréhensible. En lisant les témoignages de sa famille et de ses amis et en regardant les photos et la vidéo publiées dans le groupe, je n’ai su retenir mes larmes. Triste, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi. Ses proches la décrivaient comme une belle jeune fille, drôle et souriante qui remplissait leurs vies de bonheur et de joie. Bien que je ne la connaissais pas sa mort m’affectait et me troublait. Irrationnellement, je me sentais coupable. Je regrettais de ne pas l’avoir connue et de n’avoir pu rien faire pour l’aider. Elle était si jolie. Quelques mois plus tard j’entendis parler d’un jeune Haïtien qui lui aussi avait décidé de mettre fin à ses jours. Nouvellement marié, il était un père de famille, un fils, un frère, un ami. Ses proches, atterrés par  sa mort,  n’avaient jamais cru qu’un jour il allait poser ce geste fatal.

Le suicide est tellement tabou dans la communauté Haïtienne. J’entends souvent les «granmounes» parler et dire qu’ils n’avaient jamais vraiment connu ce phénomène en Haïti. Ils ne comprennent pas pourquoi un jeune peut en arriver là. En comparant leur vie à la nôtre, ils sont convaincus que seuls eux peuvent connaître une vraie souffrance. Que savent-ils de la vraie vie, disent-ils des jeunes Haïtiens, nous avons connu la misère, nous savons c’est quoi travailler dure et  faire des grands sacrifices. Connaissant bien la mentalité Haïtienne par fois trop arriérée, je n’arrive pas à m’imaginer comment un jeune haïtien suicidaire pourrait  essayer d’approcher ses parents avec sa détresse. Je tremble en passant à leur réaction.

Sans vouloir les blâmer, ni les réprimander, je crois que certains parents Haïtiens se doivent d’essayer de comprendre davantage leurs enfants. Ils ne doivent pas banaliser leurs problèmes. Selon moi il n’y a rien de pire qu’un enfant incapable de communiquer ses peines à ses parents par peur d’être jugé. D’un autre côté,  suicidaires ou pas je remarque que plusieurs jeunes Haïtien(ne)s ne sont pas capables de verbaliser leurs chagrins, frustrations et douleurs. Lorsque confrontés, ils se frustrent ou s’emportent. Ils se renferment encore plus, gardant pour eux ce qui les perturbent. Bien souvent en voyant leur comportement ou leurs sautes d’humeur les parents les réprimandes, ce qui renfonce le jeune encore plus. Si j’avais été capable de dire à mes parents : «Mammie, Papi, non je ne fais pas du «malhonete», j’ai juste beaucoup de peine en ce moment à cause de ce qui s’est passé à l’école aujourd’hui. Si vous me laissez bouder pendant un instant ou relaxer en regardant la télé je vous promets que je vais aller lire, faire mes devoirs et ensuite je vais aller au lit», et que si mes parents avaient bien compris le message, j’aurai évité plusieurs conflits. Je n’étais aucunement une enfant rebelle, mais je n’avais jamais été encouragé à partager mes sentiments, comme je n’avais jamais appris à leur dire je t’aime.

Le suicide est un sujet qui me touche particulièrement. Bien que impossible, je souhaiterai pouvoir aider tous ceux qui ont des pensées suicidaires ou qui sont suicidaires. Il n’y a rien de plus douleur que de perdre un ami ou un proche de cette façon. Bien que les signes ne sont pas toujours évident, je vous encourage à être attentifs aux gens qui vous entours.

Besoin d’aide? Ne tardez pas:

Tel Jeunes :

1-800-263-2266

http://teljeunes.com/informe-toi/suicide

Suicide Action Montréal :

514-723-4000

http://www.suicideactionmontreal.org/

Centres de Prévention du Suicide dans la région de Québec et Montréal:

http://www.suicideinfo.ca/csp/go.aspx?tabid=88

Jessie

jessieblog@live.ca