Inde, Kitcisakik, Haïti

Dans les derniers mois, j’ai eu l’immense opportunité de participer à deux voyages humanitaires. Le premier en Inde et le deuxième, dans des communautés Autochtones, dans le Grand Nord du Québec. Deux aventures complètement folles qui m’ont profondément marquée et changée. Deux destinations à des kilomètres à la ronde de distance de l’une et de l’autre, de deux cultures complètement différentes, mais avec des gens d’une beauté incroyable. Des peuples avec des histoires, des coutumes, des traditions et des mœurs d’une richesse importante. Les mots me manquent pour vous exprimer tout ce que j’ai vécu.

Il m’est encore difficile de raconter mon voyage en Inde dans son entièreté. D’abord parce qu’il y a pleins de souvenirs qui se bousculent dans ma tête, mais aussi parce qu’il y a des souvenirs que je préfère garder enfermer dans mon cœur à tout jamais. L’Inde pays de couleurs; d’épices; de trafic; de bruit; de richesse extrême et de pauvreté extrême. Pays de contraste, pays de poussières, pays de vaches. Je suis partie de l’Inde bouleversée. J’ai appris bien des choses sur la vie, mais aussi sur moi. De bonnes, mais aussi des moins bonnes choses. Des choses à changer, des choses à améliorer, des choses à développer. L’Inde fut pour moi un voyage où j’ai vécu plusieurs choses pour la première fois. Des choses qui resteront gravées dans ma mémoire à tout jamais. De passer du temps avec des orphelins, dont je me suis tellement attachée, à participer à la distribution de nourriture dans une communauté de personnes atteint de la lèpre.

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Inde 2015

Le Grand Nord fut tout aussi bouleversant. En Inde, j’étais dans un autre pays. Je m’attendais à voir des choses difficiles. Je m’attendais à voir des scènes de pauvreté, des scènes similaires à celles du film Slumdog Millionaire. Je m’y étais même préparée, mais, rien ne m’avais préparée pour le Nord. On entend des trucs dans les médias à propos des communautés Autochtones, mais on n’a aucune idée. Je n’avais aucune idée. Nous avons eu la chance de rencontrer des bons vivants, des gens accueillants, des gens avec un bon sens de l’humour. Nous avons eu l’opportunité de participer à une présentation sur l’histoire des Autochtones et des pensionnats Autochtones du Québec. Une expérience enrichissante, mais aussi très troublante. Les Autochtones ont vraiment beaucoup trop souffert et ils continuent encore de beaucoup trop souffrir. Je suis plus que jamais convaincue que quelque chose doit être fait pour ce peuple et pour ces femmes qui ont disparus.

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Kitcisakik, Québec

Maintenant de retour à ma routine quotidienne, des souvenirs me hantent. Le souvenirs des pleurs des orphelins au moment de notre départ de la petite orphelinat en Inde et ma conversation avec une petite Algonquine de 5e année qui entre ses préférences musicales et la liste de ses joueurs de hockey préférés, me parle du suicide de sa tante, me hantent. Ces endroits, ces gens et ces enfants m’ont fait penser à Haïti. Bien que je ne suis jamais allée, je n’ai pas pu m’empêcher de voir des ressembles. En Inde, je me sentais comme chez nous, parmi ces gens aux multiples couleurs de peaux qui me rappelaient la beauté et la diversité des peaux Haïtienne. En Inde, j’ai mangé des tonnes de riz comme on en mange chez nous. Dans le Nord, c’est l’incroyable bonne humeur et le sens de l’humour des Autochtones, que nous avons rencontré, que j’ai aimé. Un sens de l’humour, mais surtout des rires francs qui me rappelaient le rire des Haïtiens.

Jessie Blog
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Les chiclets de mon père

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J’ai dans la tête plusieurs petits morceaux de casse-tête imprimés de souvenirs de mon père. Un casse-tête qui jadis était complet, mais qui depuis son départ à perdu d’importantes pièces. Je me souviens de lui et de sa personnalité. Je me souviens de son grand rire qui s’étendait et s’entendait d’un étage à l’autre, d’une pièce à l’autre. De lui avec ses cigarettes et de lui sans ses cigarettes.

«Les filles, j’ai une annonce à faire, nous a-t-il dit alors que mes sœurs, ma mère et moi étions occupées dans la cuisine une samedi matin. 

Yesssss. On va à New York à dit l’une d’entre nous. 

Non. J’ai. J’ai…. arrêté de fumer. Ça fait quelque temps que j’ai arrêté, je ne voulais rien dire avant d’être certain.»

(Insérez moment de joie, de fierté et de bonheur familial ici) 

Je me souviens de ses milles et un projets de rénovation interminable. Je me souviens de ses spécialités: oeufs avec bananes plantains et saucisses; mais moulu avec zaboca; diri blan avec legum.  Je me souviens des bruits qu’il faisait quand il savourait un plat avec appétit, et de sa façon d’écarter les pois verts qui s’étaient malencontreusement retrouvés dans son assiette, il détestait les pois verts.

Je me souviens de ses odeurs. Mon père était machiniste pour l’un des plus importants fabricants canadien de moteurs d’avions et lorsqu’il rentrait à la maison du boulot, il avait une odeur très particulière. J’ai grandi avec cette odeur. Une odeur, de machine, d’huile, de fer… Mais quand il sortait, il sentait le monsieur, le propre, le rasé, le parfumé. Il sentait les chiclets.

Je me souviens de ses chiclets. L’intérieur de la voiture de mon père sentait le cuir et  les chiclets. Mon père avait toujours dans ses poches ou dans l’un des compartiments de sa voiture un paquet de gommes chiclets. Les paquets classiques, jaunes, ceux qui goûtent la menthe. La gomme chiclets était sa gomme de choix, la seule qu’il mâchouillait, la seule qu’il aimait. Il n’aimait pas les bonbons ni le sucre, mais il ne pouvait se passer de ses gommes chiclets.

«Tu veux une chiclet, m’offrait-il avant de démarrer.» Trop jeune pour aller à l’école avec mes grandes sœurs, je passais souvent des avant-midis  avec lui (avant son shift de soir) à faire des courses et des commissions.

L’autre jour chez Oscar, je suis tombée sur des chiclets, parce que ça fait longtemps, et parce qu’il me manque, je me suis achetée un paquet que j’ai mangé en sa mémoire.

Jessie Blog
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Elle

Au début, elle semble normale, un peu trop gentille, mais ça te va. D’une beauté incroyable tu questionnes ses intentions. Tu te demandes pourquoi elle veut être ton amie, toi qui es si banale. C’est comme au secondaire quand la fille la plus populaire de l’école commence à te parler dans le cours de gym. Tu as soudainement espoir que vous allez devenir amies et qu’elle va t’inviter à ses multiples parties, mais tu finis par réaliser que votre amitié ne dure que 55 minutes à chaque jeudi après-midi, parce qu’elle n’a pas d’amis dans le cours et qu’à la cloche elle oublie systématiquement ton nom.

Elle gagne ton amitié avec sa gentillesse et son grand cœur. Amicale elle veut passer du temps avec toi. Chaque soir est rendu un «night». Coffee night, movie night, girls night, spa night. Elle t’invite partout. Généreuse, elle est constamment en train de te faire des cadeaux et des surprises. Des fois c’est vraiment trop et tu lui dis, mais elle insiste en te disant que ça lui fait plaisir.

Tranquillement les choses changent. Tu es officiellement promue. Elle te donne le titre de meilleure amie. Elle insiste beaucoup pour passer plus de temps avec toi alors que tu as déjà l’impression de passer tout ton temps avec elle. Elle s’invite chez toi à n’importe quelle heure sans préavis. Elle t’appelle en pleine nuit en crise à propos d’un homme qu’elle aime, insistant que tu es la seule personne qui peut la consoler. La seule personne en qui elle a réellement confiance. Elle t’étouffe, mais tu as pitié d’elle. Tu ne veux pas l’abandonner.

Être son amie devient de plus en plus exigeant. Envahissante, elle t’épuise moralement et psychologiquement. Elle te dit sans cesse que tu es sa seule vraie amie et qu’elle mourrait sans toi dans sa vie. Elle déteste toutes tes autres amies et essaye de te convaincre qu’elles ont une mauvaise influence sur toi ou qu’elles lui font de «l’attitude». Elle a raison. Tes autres amies ne l’aiment pas du tout. Elles la trouvent impossible et désagréable, mais ça bien sur tu ne lui dis pas. Tes amies et ta famille s’inquiètent pour toi et croient qu’elle va te faire tomber en dépression. Ils ont raison, tu vas tomber en dépression, mais ça tu ne le sais pas encore.

Soudainement, elle commence à avoir des problèmes d’argent. Au début elle t’emprunt des petits montants, rien de trop grave. Puis un jour elle t’appelle au travail pour te dire qu’elle a besoin de 350, max 400, mais que 500 serait vraiment bien. C’est pour réparer son auto et pour payer une de ses cartes de crédit. Elle te dit qu’elle est vraiment dans la merde. Que tu es la seule personne qui peut l’aider. Elle te dit qu’elle va te rembourser à sa prochaine paye, promis, juré. Parce que tu te sens liée, tu lui fais un prêt. Optimiste, tu essaies de te convaincre qu’elle va te rembourser. Les jours passent et elle se fait de plus en plus discrète. Tu ne l’entends plus aussi souvent. Ses coups de fil se font rares, tes textos restent sans réponse. Les semaines passent et tu commences à réaliser qu’elle t’évite. Facebook te dit qu’elle est encore en vie et qu’elle fait même la fête avec une certaine Nathalie #bestie. Au début, tu te dis «oh well», c’est mieux ainsi, mais quand elle te supprime comme amie sur Facebook, tu te dis que tu as peut-être fait quelque chose de mal. Ton je-m’en-foutismes et tes je-suis-mieux-sans-elle-anyways, des premiers jours, se transforment en colère, puis en peine, tout ça accompagnée d’une série de questions sans réponse. Tu ne demandes pourquoi, tu essayes de comprendre ce que tu as bien pu faire.

Tu vas passer les prochaines semaines et mois à traverser une montagne russe d’émotions. Tu vas traverser les différentes étapes du deuil, mais de façon circulaire. À toutes les fois que tu penses que tu es complètement «so over it», tu apprends des choses sur elle qui te font suer. Genre, elle et Nathalie sont allées au Mexique ou elle s’est achetée une nouvelle voiture. Ça t’enrage. Tu sombres dans une déprime. Un genre de burn out «amical». Tu te renfermes, évites tout contact avec tes autres amis et manges tes émotions. Tu prends beaucoup de poids, ce qui aide en rien ton état d’âme.

4 ans, plus tard, un 31 décembre alors que tu es en train de te maquiller pour le party de fin d’année chez Rika, quelque chose te pousse à t’arrêter et à t’asseoir devant ton ordinateur pour lui écrire un courriel d’adieux. Ton toi intérieur te parle et te dit que ça fait trop longtemps que tu portes cette histoire sur ton cœur incapable de l’efface, incapable de l’oublier. Et qu’il était grand temps que tu fasses ton deuil. Ton toi te dit de ne plus porter ce poids une année de plus et que cette fin d’année était ton moment pour passer une fois pour toute à autre chose.

Et puis la, assise devant ton écran, en soutien-gorge et en jupe, le visage à moitié maquillé, tu te mets à taper ta vie. Tu lui écris tous ce que tu as toujours voulu lui dire. Tu vides ton sac, ton cœur, ton âme. Tu lui dis tout ce qui te pesait durant toutes ces années. En quelques minutes tu lui écris un mini roman, que tu lis et relis, mainte et mainte fois avant de lui envoyer. Sans insulte, sans mauvais mot, sans jugement ni accusation. Tu lui tout, tout, tout, mais surtout tu lui dis adieux. Une fois envoyé, ce poids qui s’était installé sur tes épaules s’évapora et pour la première fois en quatre ans elle n’avait plus aucune emprise, aucun pouvoir sur toi. Ton coeur était enfin libre.

Elle prit soin de te répondre, mais ce qu’elle avait à te dire n’avait plus vraiment d’importance pour toi. Ne lui souhaitant pas de mal, tu avais juste finalement tourné la page.

Tu te jures de ne plus jamais entretenir une amitié aussi dysfonctionnelle. De faire attention à ceux que tu laisses rentrer dans ta vie autant en amitié qu’en amour.

Jessie blog

(Basée sur une vraie histoire, certains éléments ont été modifiés)

Cassia

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J’ai eu la chance de gagner ce panier de produits fait maison Cassia et en ouvrant le paquet j’ai été frappé par les odeurs. Ça sent Haïti!!!!!!!! Ça sent les commissions d’Haïti que nous rapportent nos grand-parents, oncles et tantes, enveloppés dans des papers cadeaux ou dans du papier journal. Ça sent merveilleusement bon. Avec des ingrédients tels que hibiscus, anis, mayi (semoule de mais), cacao, crémasse et plus encore, c’est impossible de ne pas penser à Haiti. J’ai vraiment hâte de les utiliser.

Pour plus d’information à propos des savons Cassia visitez:

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Un mot sur Hahahaiti

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Hier j’ai eu l’immense joie d’assister au show d’humour Hahahaiti au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts et je n’ai pas pu m’empêcher de penser à quel point nous Haïtiens de Montréal, (nés ici ou en Haïti) sommes vraiment chanceux.

Nous sommes chanceux de vivre dans une province qui support notre pays et croit en son potentiel. Chanceux qu’il y a des hommes et des femmes d’ici qui portent Haïti dans leurs cœurs et veulent aussi son bien-être. Qui comme plusieurs d’entre-nous croient en son avenir. Leur dévouement est inspirant et digne d’une mention. Bravo aux organisateurs et merci de tout cœur à ceux qui croient en un meilleur avenir pour Haïti.

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La petite Haiti en Inde

Inde


Vous savez ce sentiment logé au plus profond de votre être, qui des fois se réveille et soudainement vous pousse à dire oui; à vous lancer dans une aventure; à sortir de votre zone de confort; à changer de direction pour accomplir quelque chose que vous avez toujours voulu faire? C’est exactement ce que j’ai ressenti, il y a quelques mois de cela, alors que l’annonce du voyage en Inde à été lancé à mon église. Ce n’était pas dans mes plans, ce n’était pas dans mon horaire, mais poussé par une conviction, un désir profond, un appel d’y aller, j’ai «levé la main» et j’ai dit oui. J’ai décidé de partir en Inde.

Les faits:

Quand: Du 20 au 31 août 2015

Où : Dans le Nord-Est de l’Inde dans une ville du nom de Siliguri

Quoi : Camp de jour avec les enfants du quartier (orphelins, écoliers, enfants de la rue);

Faire des travaux manuels dans l’école et l’orphelinat du Quartier;

Rencontre avec villageois, distribution de sac de riz et de nourriture.

Si vous avez à coeur de m’aider, vous pouvez le faire en visitant ma page Go Fund Me:  www.gofundme.com/jessieinindia

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Ma pouliche

Lorsque j’étais petite mon jouet préféré était une petite pouliche mauve avec de beaux longs cheveux roses qui sentaient les fraises. Ma pouliche était toute ma vie. Nous faisions, tout, absolument tout ensembles. Où je me trouvais, ma petite pouliche était. Traitée aux petits soins, ses cheveux étaient lavés et peignés, ses dents étaient brossés, sa petite toilette (inside Haïtien) était faite et ce régulièrement. Elle était ma confidente, ma meilleure amie et aussi ma protectrice contre les monstres qui se trouvaient sous mon lit et Joe l’indien qui plusieurs soirs par semaine s’installait dans ma garde-robe.

Un jour, ce qui devait arriver, arriva. Ma mère envoya, à mon insu, ma petite pouliche adorée en Haïti. Ce fut un moment tragique (j’exagère bien entendu).

Plusieurs d’entre vous connaissez très bien ce sentiment de voir ses jouets, vêtements ou autres quitter le pays, sans vous, par voie aérienne ou maritime (kontenè) direction Haïti pour ensuite être donnés à des oncles, des tantes, des cousins ou des cousines.

Ma mère dément l’envoi de ma petite pouliche en Haïti, mais je préfère ne pas la croire.

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